L’Europe de l’est très déçue du Mobility Package

Si les fédérations belges de transporteurs ne sont pas satisfaites des nouvelles règles qui régiront le cabotage, que dire de leurs confrères et consoeurs des pays d’Europe centrale, qui sont globalement déçus de l’ensemble des mesures décidées par l’Union Européenne.

Les plus modérés semblent être les Tchèques. Josef Melzer, président de Cesmad Bohemia, estime certes que certaines nouvelles mesures vont gêner les transporteurs de son pays, mais salue par exemple le fait que les chauffeurs doivent rentrer à intervalles réguliers au pays comme une avancée. Il se réjouit également que les transportuers tchèques n’auront plus à se préoccuper de règlementations nationales trop contraignantes concernant le salaire minimum à appliquer à chaque pays, comme la Loi macron en France ou le MiLog en Allemagne.

Le tons est également (et étonamment) modéré en Pologne, où la fédération ZMPD regrette que les débats n’aient pas pris en compte le fait que le transport routier européen doit rester compétitif dans le monde (sic). Son président Jan Buczka, tout en reconnaissant que ces paquets de mesures doivent toujours représenter une forme de compromis, estime que l’Union Européenne a fait comme si elle craignait que le développement des transporteurs d’Europe de l’est menaçait la position des transporteurs des anciens pays de l’Union. Il se réjouit par contre que le texte final soit plus avantageux pour les transporteurs polonais que ce que l’on pouvait craindre.

Le ton adopté par les Polonais est donc très modéré, ce qui n’est pas le cas des Roumains : l’UNTRR estime que le Mobility package consacre des pratiques discriminatoires, qui ignorent la réalité économique du transport routier et consacrent l’abandon du principe fondamental de liberté de circulation des personnes et des marchandises. Concrètement, les Roumains estiment que le retour au pays d’un camion immatriculé en Roumanie entraînera la perte moyenne de six jours productifs toutes les huit semaines, soit une perte de rendement de 10 à 14 %. Le retour obligatoire des chauffeurs au pays, ainsi que l’application des règles de détachement au transport routier, vont par ailleurs, selon l’UNTRR, augmenter fortement le prix de revient du transporteur roumain et limiter sa capacité d’action en transport international.

Satisfaction dans la ‘vieille Europe’

Les réactions les plus positives au Mobility Package proviennent des pays d’Europe de l’ouest. On se rappellera qu’une ‘Alliance du Routier’ avait fédéré les points de vue d’une grosse dizaine de pays, dont la Belgique au moment de réorienter certains piliers du Paquet. Cette alliance n’existe plus aujourd’hui, notamment parce que la Belgique a cherché à faire cavalier seul dans le dossier du cabotage. De l’Alliance du Routier, il reste une plate-forme commune aux fédérations de cinq pays (la France, l’Allemagne et les pays scandinaves), qui disposent maintenant d’un secrétariat commun à Bruxelles.

« C’est un jour très positif pour le transport routier européen », a ainsi déclaré Erik Østergaard (président de la Nordic Logistics Alliance). « Nous sommes satisfaits du résultat. La nouvelle législation aura un impact significatif et positif sur le marché du transport routier. Nous devons maintenant nous concentrer sur la mise en œuvre et le contrôle efficace des nouvelles règles », souligne le professeur Dirk Engelhardt (porte-parole du BGL en Allemagne).

 

 

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