DHL Supply Chain : L’e-fulfillment après la pharmacie, les pièces de rechange et les FMCG

DHL Supply Chain est une des principaux logisticiens en Belgique. Néanmoins, cette branche du groupe Deutsche Post DHL reste un acteur discret. Il est donc temps de mettre l’entreprise à l’honneur. Nous avons rencontré Jan Deltour, VP Business Unit South West Benelux de DHL Supply Chain Benelux et Ann Vervecken, VP Business Development Benelux & Nordics.

La position dominante de DHL Supply Chain en Belgique résulte d’une combinaison mixant croissance externe et organique. La croissance externe a eu lieu il y a environ 20 ans. À la fin des années ‘90, l’Europe a libéralisé le marché postal, ce qui allait mettre en péril le monopole des entreprises postales nationales. Plusieurs d’entre elles ont réagi en acquérant des entreprises de messagerie et de transport. Deutsche Post a choisi une voie ambitieuse en intégrant également des sociétés de transport et de logistique. Les reprises les plus importantes : les activités de transport terrestre et d’entreposage de Nedlloyd en 1999, du groupe suisse Danzas en 2000 et du groupe britannique Exel (qui l’année précédente avait lui-même acquis un autre poids lourd, Tibbett & Britten).

Tous ces groupes étaient présents en Belgique. Lorsque Deutsche Post DHL a redistribué ses activités en 2006 dans différentes divisions, DHL Supply Chain est immédiatement devenu l’un des acteurs logistiques les plus importants du pays.

Que représente DHL Supply Chain en Belgique aujourd’hui ? 

Jan Deltour : Nous disposons de cinq sites en Belgique : Malines (44.000 m²), Bornem (105.000 m²), Boortmeerbeek (21.000 m²), Huizingen et Lot (27.000 m²) et Bruxelles/Laekebeek (30.000 m²). Ce dernier site, à trois kilomètres de Lot, entre actuellement en service. Après le transfert des activités, les implantations de Huizingen et de Lot fermeront.

Dans quels sous-secteurs êtes-vous actif dans notre pays ? 

Ann Vervecken : Il y en a trois : les sciences de la vie à Boortmeerbeek et Bruxelles, les pièces de rechange – pour les secteurs automobile et technologique – dans notre centre d’excellence à Malines et le retail avec notre campus FMCG à Bornem. Les deux premiers sont fortement tournés vers l’international et le troisième davantage vers le local. Bientôt – et c’est une primeur – il y en aura un quatrième : le fulfillment pour l’e-commerce.

Pouvez-vous nous en dire plus? 

AV : Nous sommes en phase de démarrage et sommes donc heureux d’avoir déjà conquis nos deux premiers clients. L’an passé, nous avons développé un produit européen, l’European Fulfillment Network (EFN) avec une trentaine de sites dans toute l’Europe. Ces premiers clients en Belgique constituent donc un premier pas vers une nouvelle croissance dans ce domaine.

DHL Supply Chain souhaite garantir une livraison rapide avec le réseau EFN. Pour assurer la livraison en J+1 que les clients attendent, les stocks du vendeur doivent être proches de l’acheteur. En règle générale, les petits et moyens magasins et les webshops – et même les plus grands détaillants – n’ont pas la capacité d’être présents dans tous les pays européens. Avec l’EFN, nous leur proposons une solution réseau ‘multi-utilisateurs’. Désormais donc aussi en Belgique.

Ces deux clients visent-ils le marché belge ? 

AV : L’un d’entre eux est une entreprise belge qui souhaite desservir l’UE plus rapidement à partir d’ici. Avec l’EFN, nous pouvons offrir une croissance accélérée. Le deuxième était à la recherche d’un emplacement sur le continent européen pour mieux le couvrir. Les deux sont dans la sphère B2C.

Pourquoi DHL Supply Chain ne propose-t-il que maintenant une solution pour l’e-commerce en Belgique ?

JD : Nous avions bien vu les opportunités, mais nos activités étaient davantage axées sur le marché B2B. En tant que groupe, nous avons toutefois vu des opportunités de croissance sur ce marché. Il était donc important de développer d’abord une solution et de construire un réseau. Le temps a passé. Maintenant, nous pouvons passer à la vitesse supérieure. Je m’attends d’ailleurs à ce que les choses s’accélèrent aussi en Belgique : le profil des commandes a changé, en partie à cause de la crise sanitaire, qui ne fait qu’accroître la demande.

AV : Cela peut en effet aller très vite. Dès la commercialisation de l’EFN, nous avons déjà les premiers clients. Je pense que cela permettra à plus de clients de trouver leur chemin vers nous de manière naturelle.

Où ce centre de fulfillment sera-t-il situé ? 

JD : Le choix s’est naturellement porté sur le campus FMCG à Bornem. Nous y effectuons déjà des opérations omnicanales. C’est aussi notre plus grande implantation et il y avait encore de l’espace disponible. La flexibilité est l’un des avantages du modèle de campus. Par le passé, les activités FMCG étaient réparties sur trois entrepôts, à Tisselt, Willebroek et Grimbergen. Il y a quelques années, nous les avons réunis dans un grand campus à Bornem. Cela permet davantage de synergies entre les différentes opérations, tant pour nous-mêmes que pour nos clients.

Cela s’applique-t-il également à la logistique pharmaceutique ? 

AV : Bien sûr. Nous venons d’ouvrir le nouveau campus Life Sciences and Healthcare (LSH) dans la zone industrielle de Laekebeek à Lot. Il s’agit d’un centre de distribution de pointe pour les clients pharmaceutiques, où les activités des entrepôts de Huizingen et de Lot sont progressivement regroupées sous un même toit. Il est équipé des technologies les plus modernes, telles qu’un Automated Storage & Retrieval System (ASRS), des lignes de conditionnement dans différentes zones de température, un ‘closed loop’ pour les activités de la chaîne du froid, etc. C’est aussi un bâtiment durable neutre en CO2 et certifié BREEAM ‘very good’.

Pourquoi fermez-vous Huizingen et Lot ? Vous auriez pu utiliser ces bâtiments pour l’expansion du commerce électronique par exemple. 

JD : Non, ils sont trop vieux pour ça et aussi inadaptés à ce type d’activité. Cela ne nous empêche pas de continuer à investir, même dans des immeubles plus anciens. Prenez l’entrepôt de Malines : quand j’ai commencé en 2002, il avait déjà dix ans. Avec le propriétaire de l’immeuble, nous investissons désormais massivement dans sa rénovation : l’isolation de la toiture et les façades sont renouvelées, ainsi que le chauffage, l’éclairage LED, etc. Cette rénovation s’explique notamment par le fait que DHL a de sérieux objectifs en matière de durabilité. Nous visons les normes BREEAM les plus élevées.

Existe-t-il des secteurs de croissance que DHL Supply Chain Belgium souhaite cibler en dehors de l’e-fulfillment ? 

AV : La durabilité est toujours plus importante. Il existe également des opportunités de croissance sur ce marché. Voyez le passage aux véhicules électriques. Cela signifie que de nouveaux composants – les batteries par exemple – deviennent nécessaires. De nouvelles opportunités se présentent grâce à notre expérience et notre expertise dans le domaine automobile. Nous réfléchissons donc aux investissements à réaliser pour accélérer la croissance dans ce secteur.

L’un des problèmes rencontrés par la logistique aujourd’hui est le manque de ‘roues’. Trouvez-vous encore suffisamment de capacité sur le marché ? 

JD : Toutes les roues sont occupées, c’est vrai. Nous sous-traitons nos transports et collaborons avec différents transporteurs – sociétés sœurs et tiers – selon le type de produit et la destination. Offrir une capacité suffisante est une responsabilité commune. Cela ne change rien au fait que nous devons tenir compte d’une certaine pénurie de poids lourds sur le marché.

AV : Nous pouvons compenser cette pénurie en améliorant la planification et les prévisions, en étroite collaboration avec le client. Mais les pics inattendus constituent en effet un défi.

Autre pénurie : le personnel. Comment y faire face ? 

AV : L’employer branding est un facteur important pour attirer du personnel. Nous y investissons massivement. Mais la planification et la prévisibilité sont également très importantes dans ce domaine. Vous trouvez toujours du personnel, mais cela prend plus de temps. Si vous cherchez 50 personnes pour la semaine prochaine, c’est pas gagné…

En cette période de pénurie, nous avons l’avantage d’être perçu comme un très bon employeur. C’est le résultat de notre philosophie ‘Employer of Choice’, qui part du principe qu’une bonne qualité ne peut être fournie que par des employés satisfaits et impliqués. Par exemple, chaque employé suit un programme de formation intensif de ‘Certified Supply Chain Specialist’.

L’automatisation est-elle une solution à la pénurie de personnel ? 

JD : On ne peut pas complètement remplacer les gens par des machines. Vous pouvez cependant réduire leur dépendance, notamment pour absorber les pics. Nous investissons donc autant que possible dans la technologie.

AV : Cela ne veut pas dire que nous voulons éliminer les gens. Vous mobilisez du personnel là où il crée de la valeur ajoutée. Nous essayons de mécaniser les tâches répétitives.

JD : Il y a aussi des profils que l’on ne trouve plus sur le marché. Un conducteur de chariot à mât rétractable, vous devez le former complètement. C’est pourquoi nous mettons en service des chariots à mât rétractable sans pilote à Bornem, dans un environnement mixte – avec et sans personnel – ce qui est très complexe. C’est nécessaire car il est plus difficile de faire face aux pics avec une automatisation complète. Nous apportons ainsi plus de flexibilité dans un environnement mécanisé. Si c’est un succès – ce à quoi nous nous attendons – nous poursuivrons le déploiement.

Automatisez-vous également le picking ? 

JD : Pour le fulfillment, nous examinons toujours le type d’automatisation que nous appliquerons. Cela dépendra des types de produits et des volumes.

AV : Nous avons déjà une solution entièrement mécanisée au centre Life Science à Bruxelles. Là, nous utilisons un système Automated Storage & Retrieval pour les palettes, un système ‘goods-to-person’ pour le prélèvement et une ligne d’emballage automatisée. Nous remarquons que ces systèmes ont un effet positif sur les performances et l’ergonomie de nos collaborateurs.

JD : Nous avons en fait une sorte de faisceau de projets visant à automatiser, mécaniser et robotiser au maximum chaque site. Nous essayons de numériser à un rythme élevé.

AV : Pour cela nous pouvons nous appuyer sur le programme Accelerated Digitalisation au sein du groupe. Innover est une chose, mais le but est d’avancer le plus rapidement possible. Il s’agit d’une sorte de catalogue dans lequel nous pouvons choisir les solutions qui conviennent le mieux au client. En outre, il existe également des initiatives locales dont nous pouvons tirer des enseignements. Ce regroupement de connaissances permet d’implémenter davantage de nouvelles technologies et plus rapidement.

Enfin, combien de personnes DHL Supply Chain emploie-t-il en Belgique ?

JD : 750 salariés permanents et 250 intérimaires. De plus, nous travaillons également avec des entreprises sur mesure pour certaines tâches. Rien qu’à Bornem, il y a 250 personnes.

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