L’activiste climatique Nic Balthazar met la logistique au pied du mur

Jeudi dernier, Transuniverse Forwarding a organisé une réunion sur le thème de la durabilité. Le cinéaste Nic Balthazar y a passé plus d’une heure à insister sur l’urgence de la crise climatique. Il a également souligné le rôle de la logistique dans cette crise.

Pour un groupe de 65 personnes (dont 11 absents), la société gantoise Transuniverse, spécialiste du transport de groupage, avait organisé une soirée thématique sur la durabilité. Outre Hans Verboven, conseiller de Sustacon en matière de durabilité dans le secteur du transport et de la construction, Nic Balthazar est également monté sur scène. Ce dernier est surtout connu en tant que metteur en scène (de Duty of Care, entre autres) et comme l’un des fondateurs de l’asbl Klimaatzaak, qui a valu à l’État belge, à la Région flamande et à la Région de Bruxelles-Capitale d’être condamnés pour leur politique climatique inadéquate.

Le pire élève de la classe

L’activiste climatique parviendrait-il à toucher les professionnels de la logistique présents ? D’emblée, il n’a pas ménagé son auditoire. Car si 11 % des émissions mondiales de CO2 sont dues aux activités logistiques, en Belgique, on dépasse largement les 20 % (23,4 % provenant des transports en 2022, selon klimaat.be). « Ce sont les plus mauvais élèves qui peuvent faire le plus de progrès », a déclaré Balthazar, avec son clin d’œil caractéristique.

2 à 3 % du PIB mondial

Cependant, la transition vers une source d’énergie moins polluante ne doit pas nécessiter autant d’investissements qu’on le pense. « Quel pourcentage du PIB mondial pensez-vous nécessaire pour réaliser la transition énergétique ? » a demandé Balthazar à l’assistance. D’après ses chiffres, il s’agirait de 2 à 3 %. Comparé à la gestion de la crise du COVID (14 %), c’est presque une bagatelle.

Quatre planètes nécessaires

Cette transition est loin d’être achevée, nous en sommes tous conscients. Pour rendre la situation plus urgente, Balthazar nous a pressés, nous les Belges, de constater les faits. « Si tout le monde vivait comme les Belges, il faudrait quatre planètes », proclame-t-il. Un calcul facile à faire sur la base de l’Overshoot Day annuel qui, pour la Belgique, tombait déjà cette année le 23 mars.

Zéro émission d’ici 2050

Après que tout le monde a été abreuvé de vidéos d’inondations mondiales et de statistiques sur les espèces disparues, Balthazar a abordé les dernières diapositives, spécifiquement liées à la logistique. Il a expliqué que le mois de mai avait été un mois record pour nous en termes d’embouteillages. On estime que le fret mondial devrait tripler d’ici 2050, tout en parvenant à des émissions (nettes) nulles d’ici là.

L’espoir dans les entreprises familiales

Et pourtant, il y avait de l’espoir. À la fin de son discours, Balthazar a admiré les entreprises familiales pour leur prise de responsabilité : « C’est formidable que ce soient des entreprises familiales qui osent penser au-delà des chiffres trimestriels qui sont publiés deux fois par an. Et je vous suis reconnaissant d’avoir osé faire venir un activiste climatique pour prêcher. Nous n’avons pas d’autre choix que d’y aller ensemble ».

 

photo de gauche à droite : Hans Verboven, Isabelle Moens, Nic Balthazar, Britt Vorst, Olivia Adins, Frank Adins (© Bernard Chambart)

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