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Christophe Deblaton conduit un écocombi unique en Belgique

Christophe Deblaton n’est pas un chauffeur routier comme les autres. À 30 ans, ce Bouillonnais est aux commandes de l’un des rares écocombis qui circulent en Belgique : un ensemble jusqu’à 25,25 mètres constitué d’un porteur et de deux remorques aux couleurs de T.S. Lux. Une configuration qui impressionne sur la route, nécessite une maîtrise particulière et fait la fierté de son commandant de bord.

Après un début de carrière en transport scolaire chez Poncin Clebant à Bouillon, Christophe Deblaton a rejoint T.S. Lux (Ehlerange) il y a sept ans. « J’ai commencé tout de suite en camion-remorque, se souvient-il. Pendant un an, je faisais du petit inter dans le Benelux, l’est de l’Allemagne et le nord de la France et les alentours. En quête de stabilité, je suis ensuite passé aux navettes de soir avec des horaires plus réguliers avant que mon patron ne me propose en 2023 de passer la formation pour l’écocombi. Mon camion étant déjà un véhicule configuré et homologué pour pouvoir rouler en écocombi, ça tombait bien. Et en août de l’année passée, j’ai commencé à rouler dans cette configuration au quotidien. »

Une configuration rarissime

La particularité de l’écocombi de Christophe réside dans sa composition : un porteur suivi de deux remorques. Ce serait la seule de ce type en Belgique. La motorisation de son DAF XG 480 s’avère parfaitement adaptée à cet ensemble de 25,25 m qui atteint couramment les 51 tonnes. « Mon record est à 55,5 tonnes. Mon petit DAF grimpe tout aussi bien que les anciens 440 et 450 avec lesquels je roulais à 44 tonnes. Le poids peut toutefois se montrer restrictif sur relief vallonné et je réfléchis à deux fois avant de me lancer dans le dépassement d’un véhicule qui ne roule qu’un ou deux km/h moins vite que moi. »
Cette configuration permet le chargement de 51 europalettes au sol, soit un potentiel bien supérieur aux 33 palettes d’un ensemble standard, mais son exploitation est soumise à un cadre réglementaire spécifique où les itinéraires sont imposés et soumis à renouvellements annuels.
Le circuit quotidien de Christophe illustre parfaitement l’exploitation optimisée de ce type d’ensemble : « Je démarre de notre dépôt à Habay-la-Neuve, je charge le camion-remorque à proximité puis repasse au dépôt et accroche la deuxième remorque préchargée. De là, je monte vers Bruxelles où je décroche la petite remorque à quai. Je continue avec le camion-remorque vers un autre client, puis redescends vers le Hainaut avant de remonter pour raccrocher l’ensemble complet. Ce système d’exploitation avec accrochage/décrochage permet d’optimiser chaque trajet en modifiant la configuration. Donc on peut décrocher une remorque et faire un tour comme un camion normal une fois qu’on a décroché, ce qui nous autorise à accéder à des routes non homologuées pour les écocombis. »

Technique de conduite spécifique

Et au volant, comment ça se passe ? Quand il roule sur autoroute, Christophe n’épingle que peu de différences avec un ensemble classique. La longueur impose un peu plus de temps avant de se rabattre lors d’un dépassement, mais c’est minime. Dans les ronds-points, il compare le comportement de sa combinaison à celui d’un ensemble tracteur-semi. Par contre, lors des manœuvres…
« Alors qu’avec une semi ou un camion-remorque, vous vous dites en marche arrière ‘je vais envoyer l’avant vers la gauche pour que la remorque parte à gauche’, vous devez tenir compte avec l’écocombi du fait qu’en faisant cette même manœuvre, la seconde remorque va partir à droite… De plus, en fonction des angles de braquage, la deuxième remorque disparaît par moment de mon rétroviseur. Je dois donc bien estimer où je l’envoie. » Un défi que Christophe relève quotidiennement et qui suscite l’admiration de pas mal d’autres chauffeurs.

« C’est un peu le summum… »

« A plusieurs reprises, des confrères expérimentés m’ont dit qu’ils pensaient qu’il n’était pas possible de reculer avec un train pareil, mais je le fais tous les jours ! Il faut un peu de feeling, de temps d’adaptation tant aux trois éléments qu’aux changements réguliers de configuration. Puis, ça vient avec l’habitude. Dans la technique, on se rapproche très fortement du camion remorque traditionnel avec un dolly. Avec cette différence que le camion est beaucoup plus long. »
Une longueur qui impressionne aussi les autres usagers de la route. L’ensemble de Christophe est d’ailleurs souvent photographié. Une reconnaissance valorisante pour ce chauffeur qui se veut responsable au volant, adepte de l’écoconduite et qui espère continuer à rouler dans cette configuration aussi longtemps que possible.
« Pour moi, l’écocombi est un peu le summum de ce qu’un chauffeur peut conduire. Il y a à la fois le challenge de maîtriser cet ensemble dans différentes situations et la fierté que l’on éprouve au volant d’une telle combinaison. Si je dois repasser un jour sur un véhicule traditionnel, je le ferai. Mais ça sera avec un pincement au cœur… »

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