Les chiffres restent modestes mais le taux de pénétration des camions électriques est en train de progresser en Belgique. Nous avons analysé les raisons de cette électrification croissante avec Filip Van Thielen, e-ambassadeur chez Daimler Truck Belgium.
Au premier semestre 2025, on a immatriculé presque autant de camions électriques en Belgique que durant toute l’année 2024. Certes, les chiffres restent modestes : 74 poids lourds de plus de 16 tonnes (contre 79 pour toute l’année 2024) et 163 véhicules de plus de 3.5 tonnes (contre 131 pur toute l’année 2024). Néanmoins, cela fait passer la part de marché des véhicules électriques à 3.25 %, alors qu’il n’était que de 1.41 % en 2024. Il se passe clairement quelques chose sur le marché : en remettant les clés des quatre premiers Mercedes eActros 600 à Serge Gregoir (Eutraco), Peter Brock, le directeur général de Daimler Truck Belgium, a indiqué qu’il avait déjà 200 commandes fermes pour son nouveau modèle électrique, sur les 3000 commandes déjà passées à l’usine. Ces chiffres ne sont plus anecdotiques.
Selon Filip Van Thielen, les dernières semaines ont clairement permis d’assister à une accélération du marché : « Il faut évidemment encore distinguer ce qui se passe en Flandre de ce qui se passe en Wallonie. En Flandre, chaque concessionnaire a au moins un ou deux contact avancé par semaine et nous voyons déjà que les clients qui avaient commandé un ou deux véhicules repassent déjà commande pour des véhicules supplémentaire. En Wallonie, par contre, ce n’est pas que les clients ne sont pas intéressés mais ils ne bénéficient ni de primes à l’achat ni d’une réduction de la redevance kilométrique. Leur calcul de TCO ne tient donc pas la route pour l’instant et certains commencent à craindre la perte de contrats de transport s’ils sont mis en concurrence avec des concullègues flamands qui pourront rouler sans émissions. »
Selon Filip Van Thielen, c’est en effet l’attitude des donneurs d’ordres qui est en train de changer : « Au début, les chargeurs semblaient ne pas s’intéresser beaucoup à la possibilité de faire effectuer les transports sans émissions. Mais maintenant non seulement certains d’entre eux commencent à comprendre que c’est tout à fait réalisable mais qu’en plus cela ne leur coûtera pas nécessairement plus cher, puisque Eutraco s’engage par exemple à vendre ses transports électriques au même prix que pour un transport avec des camions diesel. Je ne peux pas citer de nom mais je connais l’exemple de deux transporteurs qui travaillaient pour le même client. Un des deux s’est engagé à utiliser des camions électriques et il a évincé celui qui ne voulait ou ne pouvait pas le faire. »
Van Thielen voit aussi apparaître une nouvelle tendance chez certains transporteurs internationaux qui investissent dans des terrains à l’étranger pour y installer un parking avec leurs propres bornes de recharge pour pouvoir effectuer des transports internationaux en mode électrique avec l’assurance de pouvoir recharger leurs batteries au moment où ils en auront besoin. Une stratégie qui va de mair avec le lancement commercial de camions capables d’effectuer au moins 500 kilomètres sur une seule charge de batteries mais qui pourrait bien accélérer la transition énergétique…


