Le gouvernement wallon a présenté en mai 2025 un nouveau plan pour soutenir le déploiement d’infrastructures de recharge pour véhicules électriques sur son territoire. La Cour des Comptes s’est penchée sur ce plan et ses conclusions sont particulièrement sévères.
Pour rappel, un premier plan de soutien datant de 2021 s’était déjà heurté à des réserves émises par l’Inspection des Finances. Le nouveau plan porté par le ministre François Desquesnes est en fait une mise à jour de la convention-cadre avec les huit agences de développement territorial wallonnes avec pour objectif d’installer 1724 bornes supplémentaires d’ici 2026.
L’analyse de la Cour des Comptes est sans appel : « À l’heure actuelle, la Région wallonne ne dispose pas d’une capacité suffisante en matière d’analyse des besoins pour orienter de manière pertinente sa politique en matière d’infrastructure de recharge. Les données de base ne sont pas disponibles ou sont incomplètes, et les besoins ne sont pas modélisés en tenant compte de différents paramètres tels que les scénarios d’utilisation et la possibilité de recharger à domicile.
La stratégie de déploiement des bornes de recharge a été adoptée tardivement et ne semble pas apporter de réponse à la question de savoir comment le réseau électrique pourra supporter l’électrification des transports. Les objectifs opérationnels à court terme sont peu ambitieux et ne sont pas en phase avec l’essor accéléré des véhicules électriques sur le marché. Les objectifs à moyen et long terme doivent être précisés. »
Si la Cour des Comptes reconnaît que les communes, les intercommunales et les provinces ont déjà pris différentes initiatives pour augmenter le nombre de bornes de recharge, elle constate que ces mesures sont de portée limitée et n’ont pas été coordonnées et qu’aucune borne n’a été directement installée par l’intervention de la région. « La gestion de la politique présente des lacunes, notamment en raison du manque de clarté dans la répartition des rôles et des responsabilités entre les différents acteurs publics concernés. En outre, la politique ne permet pas de garantir le respect des obligations imposées par le règlement européen AFIR », estime la Cour des Comptes.
Un réseau trop faible
Il semble en particulier que les plans du gouvernement wallon ne tiennent pas suffisamment compte des insuffisances du réseau de transport et de distribution d’électricité dans la région. Il nous revient par ailleurs que la Sofico, qui gère les principales infrastructures routières et est chargée d’appliquer le règlement AFIR et donc de faire installer des stations de recharge rapide le long des grands axes, éprouve les pires dififcultés à trouver des lieux d’implantation pour ces stations et à y faire venir l’électricité nécessaire.
Enfin, la Cour des Comptes pointe également le fait que les plans wallons ne prennent pas le transport lourd en compte.



