La nouvelle taxation sur les carburants fossiles n’entrera pas en vigueur en 2027 mais bien en 2028. Ainsi en ont décidé les ministres européens de l’environnement dans le cadre du ‘paquuet climat 2040’. ce report ne fait pas l’affaire des constructeurs de poids lourds et des transporteurs qui ont décidé de s’engager sur la voie de la transition énergétique.
Le règlement ETS2 prévoit d’inclure de nouveaux secteurs d’activité, dont le transport, dans le système d’échange de quotas d’émission de CO2. En d’autres termes, les entreprises qui produisent et distribuent des carburants fossiles se voient imposer une taxe qui est fonction du prix de la tonne de CO2 fixé par un marché au contant. cette taxe est ensuite répercutée sur les prix à la pompe. Selon les estimations, le prix actuel de la tonne de CO2 aurait renchéri le diesel de 11 ou 12 centimes par litre. Ce sera donc le cas en 2028 et non en 2027 comme initialement prévu. Ce report est une demi-victoire pour les pays d’Europe centrale qui avaient demandé un report de trois ans. La belgique, sous la pression de la Flandre, s’est abstenue lors du vote.
Bonne nouvelle donc pour les transporteurs dont la flotte est majoritairement composée de camions diesel mais mauvaise nouvelle pour ceux qui ont acquis, ou envisagent d’acquérir, un camion électrique : la parité de TCO par rapport à un camion diesel sera atteinte un an plus tard que prévu. C’est aussi une mauvaise nouvelle pour les constructeurs de poids lourds : ils sont tenus d’abaisser les émissions moyennes de leur gamme de 45 % en 2030 (par rapport à l’année-référence 2019/2020) mais ils ne peuvent atteindre cet objectif qu’en vendant beaucoup plus de camions électriques qu’aujourd’hui. Lors de la conférence Commercial Vehicle Outlook organisée la semaine dernière par Dekra, Thomas Fabian (Chief Commercial Vehicles Officer de l’association des constructeurs ACEA) estimait que la part de marché des camions électriques doit atteindre 10 % en 2026 et progresser de 5 % par an jusqu’en 2030.
Qu’arrivera-t-il si ce résultat n’est pas atteint ? « Les constructeurs ayant reçu des objectifs de réduction de la part de la Commission européenne, il pourront se voir infliger une amende énorme : 4250 euros par gramme de CO2 en excès par véhicule vendu. » Il faut savoir que les émissions moyennes de Co2 sont calculées en grammes par tonne-kilomètre, que la valeur moyenne actuelle est de 52 gr/tkm et que ce chiffre doit baisser de 30 % entre 2025 et 2030. Ceci donne une idée des montants en jeu.



