Le monde de la manutention est en pleine mutation. Mais quelles sont aujourd’hui les véritables priorités sur le terrain ? Quelles innovations font la différence entre bénéfices et pertes ? Quelle est l’importance économique et sécuritaire d’un bon choix de pneus pour chariots élévateurs et reachtrucks ? Logistics Management est allé chercher les réponses dans son podcast « Des solutions de manutention pour la logistique ». Intervenants : Frans Roukens (Yokohama-TWS / Trelleborg), Philippe Saey (Toyota Material Handling) et Dries Aneca (Lopos).
Logistics Management : Quel rôle jouent les pneus dans la sécurité d’un entrepôt ?
Frans Roukens (Yokohama-TWS / Trelleborg) : Les pneus constituent littéralement le fondement d’une manutention sûre. Des pneus usés augmentent le risque d’accidents et de collisions. Mais il existe beaucoup d’incertitude concernant le moment où un pneu est réellement ‘usé’. Le profil ne dit pas tout, l’adhérence vient surtout du composé de caoutchouc. C’est pourquoi nous avons développé un indicateur d’usure orange, qui apparaît lorsque le pneu a encore environ 100 heures d’utilisation. Cela apporte de la clarté, évite des remplacements inutiles et améliore la sécurité.
Des pneus de qualité limitent aussi l’échauffement, offrent une meilleure résistance au roulement et réduisent l’usure d’autres composants de l’engin. Le bon pneu diminue le risque de dégâts, renforce la stabilité et contribue à réduire les coûts.
Philippe Saey (Toyota Material Handling) : Chez Toyota, nous faisons de la durabilité un axe majeur, y compris pour le choix des pneus de nos chariots. Grâce à l’indicateur d’usure de Trelleborg, on peut précisément prévoir le moment du remplacement. Cela permet de planifier correctement et d’éviter des changements prématurés. Une telle solution contribue à réduire le volume de déchets.
LM : Quelles autres mesures permettent d’éviter accidents et dégâts ?
Dries Aneca (Lopos) : Chez Lopos – qui signifie Logistics Positioning – nous développons des systèmes de ‘proximity warning’ intégrés aux chariots. Ils mesurent en permanence les distances entre véhicules, piétons et infrastructures. En cas de risque de collision, le système émet des alertes lumineuses, sonores ou réduit automatiquement la vitesse. Il fonctionne de manière autonome et peut même limiter la puissance du véhicule.
Les coûts liés aux accidents de chariots sont généralement bien plus élevés qu’on ne l’imagine : dommages aux portes et/ou aux véhicules, éventuelle indisponibilité du personnel, arrêts de production, sans oublier la charge administrative. L’investissement dans la prévention se rentabilise donc rapidement. Le retour sur investissement de nos solutions se situe généralement entre quatre et dix-huit mois. Et plus la fréquence des accidents est élevée, plus ce délai de rentabilisation diminue rapidement.
Saey : En tenant compte des risques pour les personnes, un tel investissement devient très vite pertinent. Mais avant de parler de ROI, il faut disposer du budget d’investissement, ce qui n’est pas toujours le cas. C’est pourquoi Toyota Material Handling aide ses clients à lisser leurs coûts opérationnels – les OPEX – sur la durée : leasing, financement ou formules globales incluant maintenance et service. Ainsi, les entreprises peuvent adopter ces solutions sans coûts initiaux trop lourds.
Réponse à la pénurie de main-d’œuvre
LM : L’automatisation constitue incontestablement une tendance majeure dans le domaine de la manutention. Pourquoi de plus en plus d’entreprises s’y intéressent-elles ?
Saey : L’automatisation répond directement à la pénurie de main-d’œuvre. Moins de jeunes arrivent sur le marché et le vieillissement est une réalité. Automatiser ne signifie pas remplacer des personnes mais libérer celles qui sont présentes pour des tâches à plus forte valeur ajoutée. Personne ne s’épanouit dans des trajets répétitifs d’un point A à un point B. Les AGV (véhicules à guidage automatique) et AMR (robots mobiles autonomes) y répondent parfaitement. L’automatisation augmente aussi la prévisibilité. Un AGV qui dépose une palette à 6 h précises optimise l’ensemble du flux. Et la nuit, il peut travailler sans personnel supplémentaire.
Roukens : L’automatisation ne rend pas seulement les tâches plus efficaces : elle crée aussi un environnement plus sûr. Si des pneus améliorent le confort et que l’environnement de travail est renforcé par des systèmes automatisés, le personnel reste plus longtemps opérationnel – au sens propre comme au figuré.
Aneca : Tout à fait. Automatisation et sécurité vont de pair. Notre technologie lit, par exemple, la hauteur des mâts des chariots et avertit en cas de risque de collision avec des portes. Cela réduit non seulement les risques, mais aussi les coûts.
LM : Quelles tendances peut-on attendre à l’avenir dans les solutions de manutention ?
Aneca : Les données jouent un rôle de plus en plus central. Nos balises génèrent chaque jour des informations précieuses : qui croise qui ? Où se produisent le plus de quasi-accidents ? Quels itinéraires sont inefficaces ? Grâce à l’IA, nous analysons ces données et aidons les entreprises à optimiser leurs processus. Mais l’IA reste un outil, pas une fin. Les entreprises doivent garder la main sur leurs décisions.
Roukens : Dans le secteur du pneu aussi, les données deviennent essentielles : capteurs de pression ou de température, systèmes de monitoring… Mesurer, c’est savoir. Par ailleurs, l’accent est clairement mis sur la durabilité. Nous évoluons vers des pneus contenant davantage de matières premières naturelles.
Saey : 2026 sera une année historique pour Toyota : nous fêterons nos 100 ans et Toyota Industries sera à nouveau intégrée à Toyota Motors. L’avenir réside dans une approche intégrée du transport de personnes, de marchandises, de données et d’énergie. Tout deviendra un seul écosystème. La frontière entre manutention interne et mobilité s’estompe.
Il existe beaucoup d’incertitude sur le moment où un pneu est réellement usé. C’est pourquoi nous avons développé un indicateur d’usure orange. (Frans Roukens, Yokohama-TWS)
Quel conseil ?
LM : Enfin, quel conseil adressez-vous aux professionnels de la logistique ?
Roukens : Veillez à utiliser le bon pneu au bon endroit. Pas forcément la solution la plus chère, mais la mieux adaptée. C’est ainsi que l’on optimise sécurité, performances et coûts.
Saey : Faites-vous conseiller. On ne peut pas être expert en tout. Choisissez des partenaires qui réfléchissent avec vous et abordez l’automatisation comme un projet global, pas comme un simple produit. Le bon accompagnement fait toute la différence.
Aneca : Restez ouverts aux nouvelles solutions. Faites réaliser un audit sécurité, osez nommer les risques et engagez-vous dans des améliorations structurelles. Considérez la sécurité non comme un coût, mais comme un investissement dans la continuité et la fiabilité de votre activité.
À propos des intervenants
Trelleborg, qui fait partie de Yokohama-TWS, est une marque de pneus de référence pour la manutention interne et les applications industrielles. Grâce à leurs composés de caoutchouc performants et à leurs systèmes roue-pneu intégrés, les pneus Trelleborg offrent sécurité maximale, confort et efficacité énergétique pour chariots élévateurs, AGV et engins de magasinage.
Toyota Material Handling, filiale de Toyota Industries Corporation, est un fournisseur mondial de chariots élévateurs, solutions d’automatisation et systèmes de gestion de flotte.
Lopos développe des systèmes de proximity warning protégeant piétons, véhicules et infrastructures dans les environnements industriels, avec surveillance en temps réel, analyse de données et intégration IA.
Ce podcast a été enregistré à La Vue, l’espace événementiel B2B exclusif situé au dernier étage du bâtiment de Kris De Leeneer (KDL) | logistiek, anders à Lokeren.
Plus d’infos : https://deleeneer.be/lavue



