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Quo Vadis e-truck?

On a immatriculé 246 camions électriques en Belgique depuis le début de l’année. Sans tenir compte du mois de décembre, cela représente déjà une progression de 86 % par rapport à toute l’année 2024. Voilà pour les bonnes nouvelles. Il y en a cependant de moins bonnes…

Premièrement, la part de marché des camions électriques reste très faible : 3.54 %. C’est très loin des 16.7 % que l’on observe aux Pays-Bas. Deuxièmement, ce résultat est dû en grande partie au soutien financier que la Flandre a accordé aux acheteurs de camions électriques via la prime Ecologiepremie+. Or, même si cela n’a pas encore été communiqué officiellement par le gouvernement flamand, cette prime ne sera plus accordée en cas d’achat d’un nouveau camion à émissions nulles. C’est en effet ce que l’on peut déduire de la liste limitative des technologies admissibles qui entrera en vigueur le 1er janvier 2026. Cette liste est consultable sur le site de l’agence Vlaio.

Autre coup de pouce qui s’atténue : les camions électriques ne bénéficieront plus d’une taxe kilométrique gratuite à partir du 1er janvier 2026. Cette mesure avait été prise par Lydia Peeters, alors ministre en charge de la Mobilité dans le gouvernement flamand précédent, mais l’actuelle coalition au pouvoir en Flandre n’a pas modifié le calendrier qui prévoyait de maintenir à zéro la composante ‘coûts externes’ mais de refaire payer une composante ‘infrastructure’, certes réduite de 80 % mais qui augmentera progressivement chaque année. Rappelons que l’Europe autorise les états membres à remener leurs taxes kilométriques à zéro jusqu’en 2031.

Par ailleurs, le prix des nouveaux camions électriques sera grevé d’une nouvelle contribution environnementale quipourrait être neutralisée par une baisse des prix catalogue, à mesure que les cadences de production des camions électriques augmentent et que la concurrence s’intensifie.

Mauvais signal

« C’est un mauvais signal, précisément au moment où la transition dans le transport routier lourd commençait visiblement à s’amorcer », réagit Stef Holemans (directeur commercial de Scania BeLux). « Grâce à la combinaison d’aides à l’investissement via la prime écologique+ et de conditions d’utilisation favorables (telles que l’exonération de la taxe kilométrique), certaines applications ont atteint pour la première fois un TCO quasi équilibré par rapport au diesel. De plus, les prix des camions BEV eux-mêmes ont évolué dans la bonne direction, ce qui a renforcé la confiance des transporteurs. En supprimant à présent les incitations à l’investissement et à l’utilisation, ces premiers progrès risquent d’être à nouveau freinés. Quiconque prend au sérieux l’électrification du transport routier (lourd) doit veiller à la continuité, à la prévisibilité et à la confiance. Une politique qui supprime les aides au moment même où le basculement est imminent risque de ralentir la transition au lieu de l’accélérer. »

Et en Wallonie ?

En Wallonie, les choses ne bougent pas. Pas de prime et pas de réduction de la redevance kilométrique. Le problème est, dans le premier cas, lié aux contraintes budgétaires et dans le second cas à la notion même de redevance. Celle-ci est en effet un droit d’usage dont le tarif ne peut pas être modulé en fonction des émissions de CO. Or, la Wallonie devra se mettre tôt ou tard en règle avec les règles européennes qui obligeront les états membres à appliquer cette modulation de tarifs. Selon nos informations, la Wallonie travaille actuellement à un système à deux factures : l’utilisateur du réseau wallon recevrait une facture de la part de la Sofico pour la composante ‘infrastructure’ (non modulable donc) et une autre facture de la région pour la composante ‘CO2’ qui serait modulable.

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