Début 2025, nous découvrions un prototype du Piaggio Porter NP-E. Le ‘city truck’ électrique de la marque italienne a été officiellement lancé cet été, et nous avons donc passé une semaine au volant de ce petit gabarit généreux à bien des égards.
Avec son pack batterie logé dans le châssis en échelle, le Piaggio Porter a du mal à entrer dans une catégorie précise : plus compact que les petits utilitaires électriques, mais disposant d’une charge utile supérieure (jusqu’à 1.055 kg), et plus polyvalent que la plupart des véhicules typiques du dernier kilomètre. Sans oublier la modularité qu’offre le châssis-cabine, proposé en deux longueurs et avec plusieurs applications disponibles de série (plateau fixe, benne basculante, véhicule de collecte des déchets…) ou une transformation sur mesure.
Citadin dans l’âme
Beaucoup de possibilités donc, mais comment s’est déroulée notre semaine d’essai ? Le Porter NP-E est avant tout pensé pour la ville et les voiries plus étroites, si bien que nous avons laissé les autoroutes de côté. Non pas que le Porter ne puisse pas suivre le trafic : jusqu’au limiteur à 90 km/h, les 60 kW (150 kW en pointe) et 128 Nm (330 Nm en pointe) font preuve d’un joli dynamisme. Le mode ‘Extended Range’ limite la puissance et la vitesse maximale à 70 km/h.
La cabine du NP-E est assez étroite et plutôt basique en termes de look (avec une hauteur de ceinture trop basse). La suspension est un peu sautillante à vide, mais la position basse de la batterie aide le Porter à rester agile en virage. Mais le Piaggio se distingue vraiment par son large éventail d’aides à la conduite — un équipement que les petits véhicules du dernier kilomètre, soumis à des homologations moins contraignantes, n’offrent généralement pas.
Trop d’autonomie ?
Le pack de 42 kWh assure dans la pratique une autonomie d’environ 200 km, voire davantage en environnement urbain. Alors que l’autonomie constitue pour beaucoup de clients EV un point sensible, il nous semble que, dans ce cas-ci… la capacité de la batterie est trop élevée au regard de la mission du Porter. Le NP-E sera le plus souvent rechargé la nuit au dépôt, et peu de clients (villes, communes, industries, dernier kilomètre…) parcourront plus de 100 km au quotidien. Un pack relativement grand pour ce segment, qu’il faut évidemment payer.
Piaggio réclame au minimum 46.720 € (prix catalogue HTVA) pour le Porter électrique, un montant qui fait réfléchir — même s’il reste difficile de le comparer à d’autres véhicules. Inversement, la plupart des acheteurs utiliseront leur véhicule carrossé de nombreuses années, ce qui permet de mieux amortir le coût d’acquisition. Recharger au dépôt avec de l’électricité bon marché (une recharge rapide jusqu’à 50 kW en DC est possible en cours de route) réduit aussi les coûts d’utilisation.
Surveillance connectée de la batterie
Chez de nombreux utilisateurs, le NP-E restera longtemps en service, et la batterie doit donc, elle aussi, durer. Piaggio a opté pour une chimie LFP stable, et la batterie fait l’objet d’une surveillance active en continu. Le système de diagnostic prédictif peut détecter des problèmes et les signaler automatiquement à Piaggio, afin qu’une intervention puisse être effectuée à temps si nécessaire. Une technologie étonnante dans ce segment. La marque italienne offre 8 ans ou 160.000 km de garantie sur la batterie haute tension.


