A peine entré en fonction, le nouveau responsable mondial de Stellantis Pro One était fort sollicité à l’ouverture du Salon de l’Auto à Bruxelles. Entre deux réunions, il a trouvé le temps de répondre à nos questions.
En Belgique, les quatre marques de Stellantis ProOne ont progressé de plus de 4 % en 2025. Leur part de marché atteint maintenant 28 %. « Notre part de marché combinée en Belgique retrouve à peu près le même niveau qu’en Europe après une année 2024 compliquée; Avec l’Autriche et les Pays-Bas, la Belgique avait été le pays où Stellantis avait mis en place son tout nouveau système de distribution. Les choses sont maintenant stabilisées sur ce plan. »
Néanmoins, la part de marché combinées des quatre marques Citroën, Fiat Professional, Opel et Peugeot dépassait les 32 % avant la constitution de Stellantis. Est-ce un objectif ? « Cela peut être un objectif mais pas une obsession, répond Eric Laforge. Cela doit être profitable pour le constructeur, pour le réseau et compétitif pour les clients. Avec environ 30 % de parts d’un marché qui représente environ 1.5 million de véhicules par an, c’est le cas. Ca nous permet de faire tourner nos usines. »
Se pose alors la question de la concurrence interne entre les marques. « La marque n’est pas la première condition d’achat, estime Eric Laforge. Il faut d’abord avoir un véhicule qui correspond aux besoins du client en ensuite garantir un ervice de qualité et de proximité. Le choix de la marque n’arrive qu’ensuite mais il fait savoir que dans les utilitaires légers, seuls 6 % des points de vente ont deux marques ou plus. Pour beaucoup de clients, la proxilité avec le concessionnaire est donc déterminante. Et avec quatre marques dont l’une est presque toujours leader sur un marché, nous sommes donc bien positionnés. »
Les produits Stellantis ProOne sont assez standardisés entre les quatre marques mais on voit apparaître des ‘originalités’ comme la Citroën ë-C3 Van ou la Fiat Tris. Les marques commencent-elles à avoir un peu plus de marge de manoeuvre pour se différencier entre elles ? « Le Tris est un bon exemple : c’est un peojet qui est né chez Fiat mais qui a été repris par ProOne pour le Maroc d’abord car Fiat y est leader du marché, et peut-être pour l’Europe ensuite. »
Quant à la part de marché des utilitaires électriques, elle approche les 10 % en Europe mais n’est que de 5 % en Belgique. « L’électrification n’a pas encore trouvé son public, déclare Eric Laforge. Beaucoup de clients pensent qu’ils seront encore limités en autonomie ou par l’infrastructure de recharge, un point sur lequel un constructeur n’a pas de prise, mais ils se posent aussi encore beaucoup de questions sur le TCO. Mais ce n’est pas en abaissant les prix que l’on vendra plus. Si on regarde ce qu’il se passe avec les voitures particulières électriques, on constate que les véhiucles électriques vieillissent beaucoup mieux que prévu mais que l’appétit du marché pour les véhicules électriques d’occasion est freiné par la crainte de voir la technologie évoluer et rendre les générations actuelles obsolètes. C’est pourquoi les objectifs qui nous avient été fixés pour 2035 ne sont pas réalistes. On en prend le chamin mais plus lentement et une partie de la solution viendra des acheteurs. »



