En tant que Strategic Sales Manager, Kristof Marres est responsable du lancement des utilitaires électriques de Kia. « Il y a déjà beaucoup d’intérêt pour notre premier modèle, le PV5 », explique-t-il lors de VAN Café, le podcast de Transportmedia et de Febiac, enregistré à l’occasion et pendant le Brussels Motor Show. « Nous le constatons également ici, au salon de l’auto. »
Comment se déroule l’introduction du PV5 sur le marché ?
Kristof Marres : « Très bien. L’intérêt est important et nous le constatons aussi ici, au salon. Nous sommes très confiants quant au suivi des leads qui entreront dans les prochaines semaines, tant pour nous que pour les concessionnaires. Il y a clairement un réel engouement. »
Des véhicules ont-ils déjà été vendus ?
Kristof Marres : « Absolument. L’an dernier, nous avons déjà vendu une centaine de véhicules. Les premiers exemplaires ont également été livrés. Les commandes qui arrivent actuellement seront livrées dans les tout prochains jours et semaines après le salon. »
Il s’agit aussi d’un type d’utilitaire totalement différent, n’est-ce pas ?
Kristof Marres : « Certainement. C’est un produit entièrement nouveau. Kia est un nouvel acteur sur le marché des utilitaires, et a fortiori des utilitaires électriques. Cela signifie que nous ne partons pas d’un facelift ou d’un modèle existant, mais d’une page blanche. Personnellement, j’y vois un avantage : en tant que nouveau joueur, nous pouvons réellement repartir de zéro. »
Pour commercialiser ce véhicule, vous aviez besoin d’un réseau PBV spécifique (“Platform Beyond Vehicle”, ndlr). Comment l’avez-vous mis en place ?
Kristof Marres : « Dans l’ensemble du Benelux, nous disposons d’environ 70 points de vente, répartis entre 21 partenaires en Belgique et au Luxembourg. Ces partenaires sont responsables des différents sites. Le PV5 Passenger est plus largement disponible, mais pour le PV5 Cargo, nous avons volontairement choisi 21 centres PBV solides sur le plan stratégique et commercial. Chaque partenaire dispose d’un seul PBV Center. Cela leur permet de tirer le maximum de ce projet, d’autant plus que des investissements sont nécessaires. »
De quels investissements s’agit-il précisément ?
Kristof Marres : « Dans la première phase, ces investissements restent relativement limités. Il s’agit principalement de formations pour les équipes de vente et d’après-vente. En outre, certaines adaptations des ateliers sont nécessaires. L’investissement principal concerne un pont capable de supporter plus de 3,5 tonnes. C’est actuellement l’exigence technique la plus importante. »
Vous restez donc avec les partenaires Kia existants, sans faire appel à des concessionnaires poids lourds distincts ?
Kristof Marres : « C’est un choix très réfléchi. Kia Belgique et Luxembourg ont une grande confiance dans leurs partenaires actuels, tant pour la vente que pour l’après-vente. Démarrer avec de nouveaux partenaires ne nous semblerait pas optimal. Nous avons donc fait le choix délibéré d’embarquer nos partenaires existants dans l’aventure LCV et e-LCV. »
Cela implique néanmoins une courbe d’apprentissage, tant pour l’importateur que pour les concessionnaires.
Kristof Marres : « Absolument. Nous sommes ensemble dans ce processus d’apprentissage et pouvons ajuster le tir en cours de route. Là aussi, nous partons d’une page blanche. Mais j’ai toute confiance dans le fait que cela se passera bien. »
Quels sont les objectifs pour 2026 ?
Kristof Marres : « Notre principal objectif est de mériter notre place sur le marché. Le marché des LCV est très traditionnel et nous sommes un nouvel acteur. Nous devons donc nous démarquer avec des atouts clairs. Avec les caractéristiques du PV5, je suis convaincu que nous pouvons conquérir cette position. L’objectif est que Kia soit perçue comme un acteur à part entière dans le segment C des utilitaires, et que les clients pensent spontanément : “Pour un utilitaire, je peux aussi m’adresser à Kia.” »
Dans un monde idéal, le marché des utilitaires électriques se développerait davantage en Belgique. Que faudrait-il pour cela ?
Kristof Marres : « J’espérais que la déductibilité fiscale et la déduction des coûts seraient introduites, mais ces mesures ont été abandonnées à la fin de l’année dernière. Dans nos pays voisins, on observe des systèmes de bonus-malus qui stimulent les utilitaires électriques. Cela aide énormément. Chez nos collègues dans ces pays, on constate que les lancements se font beaucoup plus rapidement. En Belgique, la progression est plus lente. Cela est clairement lié au manque d’incitants. De plus, le diesel et l’essence restent relativement bon marché chez nous, et le prix d’achat d’un utilitaire électrique demeure plus élevé, malgré un TCO pourtant intéressant. »
Penses-tu que le marché va tout de même croître en 2026 ?
Kristof Marres : « Oui, le marché va certainement croître, mais de manière progressive. Au départ, il s’agissait surtout d’early adopters et de grandes entreprises avec des objectifs ESG. Aujourd’hui, nous constatons également de l’intérêt de la part de plus petites PME. Elles réalisent que tous les véhicules ne doivent pas automatiquement être remplacés par un diesel. La demande augmente pas à pas et finira par se traduire par des commandes. Mais des incitants accéléreraient clairement ce processus. »
Et les marchés publics ?
Kristof Marres : « Ils évoluent effectivement plus rapidement. Les appels d’offres publics et les cahiers des charges orientent clairement vers des utilitaires électriques. Pour les petits indépendants, la situation est plus compliquée : ils ont souvent besoin d’un seul utilitaire pour de longues distances et des missions très variées. Pour eux, le prochain véhicule sera peut-être encore un dernier diesel. Mais là aussi, l’offre s’adaptera dans les années à venir aux besoins du marché. »



