Milan Bourgeais, Product Manager LCV chez Renault, a lui aussi pris part au VAN Café, le podcast de Transportmedia et Febiac organisé à l’occasion et sur le site du Brussels Motor Show. « En moyenne, environ un véhicule Renault vendu sur cinq est aujourd’hui à propulsion électrique », explique-t-il.
Milan Bourgeais : « Tout d’abord, je tiens à souligner que nous sommes leaders du marché dans le segment des véhicules utilitaires légers. Nous avons connu un léger recul de part de marché, principalement dû à la disponibilité retardée de l’ensemble de la diversité de la gamme Renault Master.
Le Master est proposé dans une gamme de produits très large, mais toutes les versions n’étaient pas disponibles dès le départ. Cela a entraîné un décalage dans les commandes enregistrées. Ce retard sera rattrapé en 2026. »
Quelle est aujourd’hui la part des véhicules électriques dans les ventes totales de véhicules utilitaires Renault ?
« Nous atteignons une part de marché de 27 % sur les marchés belge et luxembourgeois. Notre part de marché en électrique est supérieure à celle du diesel. En moyenne, environ un véhicule Renault vendu sur cinq est électrique. »
C’est nettement plus que la moyenne du marché, qui se situe autour de 5 % en Belgique. Il s’agit donc d’une performance particulièrement solide. Selon vous, que faut-il encore pour accélérer la popularité des véhicules utilitaires électriques ?
« L’essentiel est de proposer le bon produit sur le marché : des véhicules qui répondent aux attentes, tant en matière d’autonomie que d’usage. Aujourd’hui, nous y parvenons très bien : l’ensemble de la gamme est disponible avec des motorisations thermiques et électriques, ce qui nous permet de répondre à tous les besoins. Par ailleurs, une fiscalité favorable pour les clients professionnels joue également un rôle important. »
Les clients choisissent-ils toujours la plus grande batterie ?
« Cela dépend. Dans de nombreux cas, oui, mais des structures plus petites ou certaines communes optent parfois pour des batteries de plus faible capacité. Globalement, la préférence va néanmoins vers les plus grandes capacités. »
Renault Pro est présent ici au salon avec un stand totalement distinct de celui des voitures particulières, ce qui souligne l’importance de la gamme utilitaire pour la marque.
« Nous avons délibérément choisi un stand entièrement dédié aux véhicules utilitaires. L’accent est évidemment mis sur l’électrique, avec les versions E-Tech, mais nous mettons aussi fortement en avant nos transformations d’usine. Nous exposons ainsi un Master avec benne basculante en aluminium, ainsi que le Kangoo Open Sesame qui, grâce à l’absence de montant central, offre un accès particulièrement aisé à l’espace de chargement. »
« En outre, nous avons apporté davantage de dynamisme à la gamme Trafic avec une version spécifique : la Pro+ Edition. Il s’agit d’une série spéciale, spécialement développée pour les professionnels, avec de nombreux accessoires, des équipements de remorquage et des barres latérales, combinés à un design plus sportif et dynamique. Bien entendu, le Master E-Tech est également présent, leader du segment des Heavy Vans, avec 42 % de part de marché en électrique et une autonomie pouvant atteindre 460 km. Ce modèle rencontre un grand succès. »
« Enfin, nous présentons ici notre tout nouveau véhicule : le Trafic E-Tech, dont les carnets de commandes ouvriront au dernier trimestre 2026. Il s’agit d’un véhicule entièrement nouveau, doté d’une architecture logicielle innovante, déjà visible en avant-première sur notre stand. »
Ce que nous voyons ici : s’agit-il encore d’un prototype ou déjà de la version définitive ?
« Il s’agit de la version définitive. Nous ne disposons pas encore de toutes les spécifications techniques, mais je peux déjà partager deux éléments importants : une autonomie pouvant atteindre 600 km et un temps de recharge rapide de 15 à 80 % en 20 minutes. Le véhicule bénéficie en outre d’une toute nouvelle architecture logicielle et d’un plancher de chargement très bas. À venir également : l’Estafette, un véhicule spécifiquement développé pour la livraison du dernier kilomètre, basé sur la même plateforme. »
Renault a également développé une technologie à hydrogène. Cette piste a-t-elle été abandonnée ou mise en pause ?
« Cela demande un peu plus de temps, mais le projet est toujours bien vivant chez Renault.
Nous considérons l’hydrogène comme un complément à l’électrique. Le développement se poursuit. Nos véhicules y sont déjà techniquement préparés, en particulier le Master, dont l’architecture permet une intégration ultérieure de l’hydrogène. Le principal défi reste l’infrastructure : un nombre suffisant de stations de ravitaillement et une production d’hydrogène réellement décarbonée. »



