Patrick Van der Aa, LCV Manager de Ford Pro Belgium, vit son dernier salon de l’auto après une carrière de 41 ans, sa « last dance » en quelque sorte. « L’an prochain, je viendrai probablement comme visiteur », confie-t-il lors du ‘VAN Café’, le podcast de Transportmedia et de Febiac au Brussels Motor Show.
Patrick, comment le salon a-t-il démarré pour Ford Pro ?
Patrick Van der Aa : « Le salon a très bien démarré. Les premiers jours, nous avons constaté une affluence impressionnante, non seulement sur le stand Ford mais de manière générale. Nous attendons donc les chiffres avec beaucoup de confiance. Ce que nous pouvons déjà dire, c’est que nous avons énormément de leads, à un niveau comparable à celui de l’an dernier. Parmi ces leads, plus de 50 % concernent nos modèles Ford Pro. Nous sommes donc très satisfaits. »
Fantastique. Revenons un instant sur l’an dernier. Ford Pro a alors atteint une part de marché record et a de nouveau occupé une position de leader sur le marché belge. Vous en êtes sans aucun doute satisfait.
« Absolument. Nous sommes très satisfaits de ces chiffres. Nous y avons travaillé dur toute l’année, et en réalité déjà pendant plusieurs années auparavant. Notre ambition était de reprendre la première place, et nous y sommes parvenus grâce à un travail d’équipe solide, de bons produits, un excellent service et bien sûr un réseau qui soutient efficacement nos clients. Nous tenons donc à remercier tous les clients qui nous sont restés fidèles et qui ont acheté et immatriculé leurs véhicules chez nous l’an dernier. »
Ce succès est aussi dû au Ranger, qui a de nouveau réalisé des performances remarquables.
« Oui, absolument. Nous savons que nous avons un bon produit, mais les chiffres restent impressionnants : 52 % de part de segment et près de 3.000 Ranger vendus. Cela augure beaucoup de bonnes choses pour l’avenir. Maintenant que nous proposons également une version hybride rechargeable, nous nous attendons à un regain d’intérêt de la part des clients particuliers. Nous regardons donc l’avenir avec optimisme. »
Le ciel est-il la limite pour Ford Pro ?
« Cela dépend évidemment du marché. Tant qu’il y a de l’intérêt et un potentiel d’achat, il existe des possibilités de croissance. Les facteurs économiques jouent un rôle important. Nous constatons par exemple que le secteur de la construction ne tourne pas encore à plein régime, ce qui laisse un potentiel de croissance. En outre, nous voyons aussi de nombreuses opportunités dans les véhicules transformés, un segment sur lequel nous misons fortement. »
Concentrons-nous un instant sur les véhicules électriques. Ford Pro dispose d’une gamme entièrement électrique. Quelle est la part de marché des véhicules électriques dans les ventes de Ford Pro en Belgique ?
« Notre part de marché y est très bonne et supérieure à la moyenne. En Belgique, environ 6 % du marché total des véhicules utilitaires est électrifié, y compris les véhicules lourds. Chez nous, cela dépend du segment. Dans le segment 1 tonne, nous atteignons environ 40 % de part de marché. Dans le segment 2 tonnes, nous avons perdu un peu de terrain et nous nous situons désormais à la deuxième place avec 20 %. Pour l’avenir, nous prévoyons également pour le Ranger hybride rechargeable un mix de ventes de plus de 50 % pour la version PHEV. Nous espérons pouvoir continuer à développer nos véhicules électriques et hybrides, notamment au regard des directives européennes en matière de CO₂, qui constituent un défi majeur. »
Il y a aussi davantage de bornes de recharge en Wallonie, ai-je entendu récemment.
« C’est exact, mais comme pour les voitures particulières, cela reste surtout une histoire de flottes. Nos volumes de VE sont également principalement portés par les grandes flottes. Nous espérons pouvoir convaincre aussi les petites entreprises et les indépendants, notamment dans le segment 1 tonne, de passer à l’électrique. »
Que faut-il pour convaincre ces clients ?
« Nous sommes d’accord avec nos collègues et nos concurrents sur le fait qu’il faut des incitants, y compris de la part des pouvoirs publics, comme cela a déjà été le cas dans certains pays voisins. Malheureusement, le précédent gouvernement a supprimé la déduction pour investissement, sur laquelle nous fondions pourtant certains espoirs. Sans incitants publics, cela reste une histoire difficile, non seulement pour nous mais pour toute l’industrie. »
Ford Pro dispose d’un très beau stand au salon de l’auto. Comment les véhicules exposés ici ont-ils été choisis ?
« C’est chaque année un débat interne. L’an dernier, nous avons commencé avec une répartition fifty-fifty entre voitures particulières et véhicules utilitaires, ce qui était assez unique à l’époque. Cette année, nous avons poursuivi dans cette voie, car Ford Pro représente désormais plus de 50 % de nos ventes. En même temps, nous savons que le salon n’est pas uniquement un événement dédié aux véhicules utilitaires et qu’il attire aussi de nombreux visiteurs particuliers. C’est pourquoi nous exposons également des modèles attractifs comme le Custom MS-RT et le Ranger MS-RT. Le choix s’est porté sur des véhicules électriques, des hybrides rechargeables et quelques modèles spécifiques et attrayants. »
Quelles sont les prochaines étapes pour renouveler la gamme Ford Pro ?
« Il y a certainement du renouveau dans l’air. Je ne peux pas encore en dire beaucoup, mais d’ici la fin de l’année, nous lancerons un nouveau produit sur le marché. Nous attendons encore la levée de l’embargo de communication, mais davantage d’informations suivront bientôt. »
Au salon de l’auto, on peut également voir des véhicules utilitaires légers “software-defined”. Est-ce que cela arrivera aussi chez Ford ?
« Je le pense. Nos ingénieurs y travaillent activement et nous continuons à innover en permanence. Il ne faudra donc pas longtemps avant que nous lancions ce type de produits sur le marché. »
Patrick, dernière question : que ferez-vous en janvier prochain ?
« Je visiterai probablement le salon comme simple visiteur. C’est mon dernier salon dans un contexte professionnel. Ce que l’avenir me réserve, nous verrons bien. »
Quoi qu’il en soit, félicitations pour votre carrière de 41 ans chez Ford. C’est vraiment exceptionnel aujourd’hui.
« Merci beaucoup. »



