Quel rôle joue aujourd’hui Toyota sur le marché des LCV ? Et quels sont les objectifs et les défis à l’horizon 2026 et au-delà ? Lors de « VAN Café », le podcast de Transportmedia et de Febiac enregistré au Brussels Motor Show, le LCV Manager Yves Born a répondu en détail à ces questions et à bien d’autres.
2025 a été une bonne année pour les LCV de Toyota, avec encore une légère progression de la part de marché ?
Yves Born : « Oui, ce fut une très bonne année pour nous. Nous avons réalisé près de 40 % de volume en plus par rapport à l’an dernier et nous avons effectivement encore progressé en part de marché. Nous dépassons désormais légèrement les 5 % de part de marché, et nous en sommes très satisfaits. Les raisons sont multiples. Le Proace Max est venu compléter — ou plutôt parachever — notre gamme en 2025. Il a naturellement porté une grande partie de la croissance. C’est l’un des segments les plus importants, celui des grands utilitaires. En outre, notre réseau de concessionnaires se professionnalise de plus en plus et consacre davantage de temps à se spécialiser réellement dans les véhicules utilitaires légers. »
Quelle est la part des utilitaires électriques dans les ventes totales de Toyota ?
« Chez Toyota, cette part est assez élevée. Nous nous situons entre 10 % et 15 %, ce qui est nettement supérieur à la moyenne nationale de 5 %. Nos modèles électriques séduisent tous types de clients : du petit indépendant aux entreprises de taille moyenne, aux PME et même aux grandes entreprises. Nous constatons un fort intérêt de la part des services de livraison de colis, mais aussi, par exemple, de petits indépendants qui transportent du matériel plus léger et souhaitent réellement verdir leur activité. Les PME sensibles à leur image et à leur marketing montent également à bord du train électrique. »
Que faut-il encore pour accélérer davantage la transition énergétique ?
« Un cadre législatif très clair, dans lequel la conduite électrique n’est pas pénalisée. Nous vivons une période d’incertitude sur de nombreux plans, mais il est essentiel que les gens sachent ce qui les attend aujourd’hui et demain en matière de mobilité et de réglementation. Actuellement, sur le plan fiscal, il y a peu de différence entre rouler en diesel ou en électrique avec un utilitaire. Et depuis le 1er janvier, la situation est même devenue légèrement défavorable pour les EV. Cela devrait être inversé. »
Si l’on regarde les produits : le pick-up est un produit 100 % Toyota, mais les utilitaires proviennent de Stellantis. Comment Toyota peut-elle se différencier de ses “frères et sœurs” de Stellantis ?
« Tout d’abord par un contrôle qualité spécifique en fin de ligne, c’est une première différence. La deuxième, c’est notre réseau. Nous disposons d’un réseau très professionnel avec 80 points de service et de vente en Belgique et au Luxembourg, où nous mettons fortement l’accent sur la professionnalisation. Parmi ces 80 points, nous comptons également 15 Toyota Professional Centers, avec des spécialistes capables de fournir des informations détaillées sur les transformations, les accessoires spécifiques et tout ce qui concerne les LCV. Enfin, et c’est peut-être la différence la plus marquante : la garantie allant jusqu’à 10 ans, la garantie Relax que nous proposons sur nos véhicules. Elle convainc vraiment de nombreux clients et démontre la confiance que l’on peut avoir dans notre produit. »
Les clients professionnels de LCV ont aussi des exigences spécifiques en matière d’après-vente, d’entretien et d’assistance. Toyota y répond-elle également ?
« Oui, absolument. Dans nos Toyota Professional Centers, nous attachons une grande importance à la professionnalisation du réseau de concessionnaires vis-à-vis des clients. Ceux-ci attendent davantage en matière de véhicules de remplacement, d’expertise et de rapidité de réaction, tant pour l’entretien que pour les réparations. Par exemple, on ne peut pas fournir une petite voiture de remplacement à quelqu’un qui roule avec un grand utilitaire. Ce genre de détails, tout comme l’équipement disponible sur place, est essentiel. »
La grande nouveauté sur le stand du Brussels Motor Show est bien sûr le nouveau pick-up, également proposé en version électrique. N’est-ce pas une véritable révolution pour Toyota ?
« C’est une révolution pour le pick-up, mais pour Toyota, c’est en réalité la continuité de la voie que nous suivons depuis des années. Il s’agit de la stratégie multipath, selon laquelle nous développons chaque modèle pour la personne qui en a besoin, là et quand elle en a besoin. Pendant longtemps, l’hybride a été le choix idéal. Aujourd’hui, nous constatons qu’en Europe l’électrique prend de plus en plus d’importance, et nous l’offrons donc également. Mais le diesel reste important dans certaines régions, que nous associons alors à une hybridation légère. Nous proposons aussi toujours des utilitaires diesel et essence classiques pour ceux qui en ont besoin. Nous disposons donc d’un véritable arsenal de solutions. Le pick-up Hilux en est sans doute le meilleur exemple. »
À l’échelle mondiale, Toyota est aussi l’un des moteurs du développement de l’hydrogène. Celui-ci jouera-t-il également un rôle dans la gamme LCV de Toyota dans les années à venir ?
« Oui, certainement. Là encore, la Hilux est un modèle clé. Nous la proposons en version électrique et en diesel mild hybrid, mais en 2028, elle existera aussi à hydrogène. C’est déjà une belle nouveauté. Pour tout ce qui suivra en matière de LCV et d’hydrogène, je dirais : gardez un œil sur nous, vous le découvrirez en temps voulu. »



