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Dirk Clement, CEO de TVM : « Une priorité : la stabilité »

Depuis août 2025, Dirk Clement est le nouveau CEO de l’assureur TVM spécialisé dans le transport. Il apporte une vaste expérience dans les domaines de l’assurance et de la gestion des sinistres. Si Dirk Clement met avant tout l’accent sur la continuité d’un service de qualité, il n’en reste pas moins attentif aux défis que doit relever le secteur du transport, et donc les assureurs.

« J’ai toujours été passionné par les assurances de niche », entame Dirk Clement. « J’ai un solide réseau dans le monde des courtiers et des assureurs ; mon profil correspond d’ailleurs étroitement à celui de mon prédécesseur, qui attachait lui aussi beaucoup d’importance à la relation client. » Son ambition n’est donc pas de tout chambouler, mais de garantir la continuité : offrir un service stable tout en consolidant la croissance et la part de marché de TVM en Belgique.

Qu’attendent aujourd’hui les transporteurs de leur assureur ?
Dirk Clement : Ce qui nous distingue, ce sont nos produits spécialisés, comme les assurances casco et responsabilité transport. Nos conditions et notre connaissance du marché font la différence par rapport aux assureurs généralistes.

La prévention paie

Pouvez-vous démontrer concrètement aux transporteurs ce que leurs efforts en matière de prévention leur rapportent ?
D. Clement : Les mesures de prévention ne portent leurs fruits que si la direction les soutient pleinement. Quand c’est le cas, la fréquence des sinistres peut diminuer de 25 à 40 %. Investir dans la sécurité et la prévention est donc payant, et rapidement. Nous voulons également attirer l’attention sur le bien-être des chauffeurs : un collaborateur qui se sent soutenu et valorisé travaille avec davantage de conscience professionnelle — et cela se traduit aussi par une baisse du nombre et du coût des sinistres.
Nos analyses techniques regorgent d’exemples concrets. Dès la première année, on constate une stabilisation des sinistres. Puis, à mesure que la sensibilisation des chauffeurs progresse, la baisse s’accentue, souvent jusqu’à la troisième année. Il s’agit ensuite d’assurer le suivi, de prévoir des formations continues et de mettre en place des parcours permettant d’intégrer les nouveaux collaborateurs à la culture de sécurité de l’entreprise.

La nature des sinistres a-t-elle changé ces dernières années ?
D. Clement : Oui, le coût moyen des sinistres augmente. Heureusement, le nombre d’accidents corporels diminue, mais les dégâts matériels coûtent de plus en plus cher parce que les pièces endommagées sont désormais pleines de capteurs. Et les coûts liés aux blessures corporelles restent, eux aussi, très élevés.

Un assureur peut-il contribuer à renforcer cette prise de conscience ?
D. Clement : L’initiative ‘Chevaliers de la Route’ en est un bon exemple. Nous intervenons aussi dans les écoles pour sensibiliser les enfants aux dangers de la route.
Je plaide d’ailleurs pour davantage de compréhension de la part du grand public envers les transporteurs : le consommateur veut des magasins proches et des livraisons rapides, mais cela comporte aussi des risques.

hoi@aarongodderis.com

De nouveaux défis

L’électrification impose-t-elle de nouveaux types d’assurance ?
D. Clement : Absolument. Le coût des camions électriques modifie la nature de l’assurance casco. Les risques sont différents de ceux d’un camion thermique — par exemple en cas d’incendie ou de court-circuit. Et les réparations coûtent plus cher à cause de la technologie embarquée. L’assistance en cas de panne génère aussi d’autres priorités. Et l’infrastructure de recharge demande une attention particulière. Aux Pays-Bas, les assurances pour aires de recharge sont déjà un sujet d’actualité. Quand des entreprises partagent leurs bornes avec d’autres, il faut créer des produits d’assurance adaptés.

L’intelligence artificielle peut-elle être utile à un assureur ?
D. Clement : Je me méfie de l’utilisation de l’AI juste pour faire du buzz. Nous en étudions bien sûr les possibilités : son potentiel prédictif est réel, mais il faut encore déterminer comment l’exploiter concrètement. Aujourd’hui, nous l’utilisons surtout pour automatiser les processus administratifs, ce qui demande aussi des investissements et de nouveaux profils. Mais il ne faut pas s’attendre à une réduction rapide des coûts.

Quelles orientations souhaitez-vous donner à TVM ?
D. Clement : Maintenir notre position de leader, non seulement en volume mais surtout grâce à notre expertise spécifique. À terme, je veux aller plus loin : proposer à nos clients des assurances bien sûr, mais aussi des conseils et des services en matière de prévention et de sécurité. Et enfin, réfléchir à la couverture des marchandises transportées elles-mêmes.

Interview VIP

Quelle devise reflète le mieux votre vision de l’entreprise ?
D. Clement : La performance se construit sur le respect mutuel, la confiance et une ambition durable.

Ce que vous auriez aimé inventer ?
D. Clement : Le GPS. Au début de ma carrière, j’y aurais gagné beaucoup de temps et d’argent, et sans doute évité quelques frayeurs à chercher ma route avec un atlas sur les genoux.

Que signifie pour vous le succès ?
D. Clement : Si vos collègues, clients, amis et proches savent qu’ils peuvent compter sur vous, alors vous avez bâti quelque chose qui dépasse les chiffres d’un tableau Excel.

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