Comment le géant laitier FrieslandCampina organise-t-il son transport ? Sur la base d’un réseau stable de transporteurs belges et néerlandais, et avec une attention particulière pour la durabilité et la numérisation, explique Peter Van Renterghem, Manager LSP Warehouse & Distribution chez FrieslandCampina. L’entreprise vient d’ailleurs de lancer un projet pilote de transport électrique.
FrieslandCampina, dont le siège se trouve à Amersfoort, est l’une des plus grandes coopératives laitières au monde. L’entreprise compte environ 9.000 exploitations laitières membres et près de 14.200 éleveurs aux Pays-Bas, en Belgique et en Allemagne. En Belgique, FrieslandCampina possède trois sites de production en plus de son siège de Gand : Aalter, Bornem et Lummen.
Les activités de transport couvrent à la fois la collecte du lait dans les fermes et la livraison des produits finis vers les centres de distribution de détaillants tels que Colruyt, Delhaize et Lidl. « La distribution vers les entrepôts de la grande distribution, en Belgique et à l’étranger, relève de la compétence de notre équipe », précise Peter Van Renterghem. « La collecte du lait auprès des agriculteurs dépend en revanche d’une autre entité, ‘Milk Logistics’. »
400 millions de litres par an
FrieslandCampina gère des volumes importants : « À Aalter, nous traitons environ 400 millions de litres de lait par an, plus 20 millions à Bornem », explique P. Van Renterghem. « En moyenne, 85 camions de produits finis quittent le site chaque jour, avec des pics à 110 en cas de promotions. » Chaque jour, 25 à 40 camions prennent la route des Pays-Bas et 10 à 15 se rendent au Royaume-Uni. Le marché belge représente entre 14 et 25 chargements quotidiens. « Et via les ports d’Anvers et de Rotterdam, nous exportons également vers le Moyen-Orient, l’Afrique et l’Asie. »
FrieslandCampina n’a pas de camions mais collabore avec une quinzaine de transporteurs sélectionnés tous les deux ans via un appel d’offres centralisé à Amersfoort. « Une première sélection parmi quelque 70 candidats aboutit à une liste de 30 entreprises, dont une quinzaine deviennent nos partenaires fixes », poursuit-il. « Nous appliquons divers critères. Nous demandons par exemple que les chauffeurs chargent et déchargent eux-mêmes les camions, ce qui n’est pas toujours possible pour tous les transporteurs. »
Les partenaires de FrieslandCampina doivent aussi être ouverts à une intégration numérique. « Nos commandes sont de plus en plus automatisées et transmises directement dans les TMS », détaille P. Van Renterghem. « Cela permet de gagner du temps, de réduire les erreurs et de planifier de manière proactive. Le partage de données accroît l’efficacité des deux parties et nous aide à mieux anticiper les pics d’activité et les promotions. »
Une collaboration stable
Le prix joue aussi un rôle dans le choix. P. Van Renterghem : « Dans un appel d’offres, c’est évident, mais le tarif ne fait pas tout. Nous voulons avant tout bâtir une relation durable et stable avec des partenaires fiables, prêts à investir dans la numérisation et dans une approche respectueuse de l’environnement. Parmi nos partenaires actuels figurent notamment Dematra, Eutraco, Van der Heijden, Simon Loos, Veenstra, Rima Trans et Cools Transport. Avec beaucoup d’entre eux, nous collaborons depuis très longtemps. »
Résultat logique : de nombreux chauffeurs travaillent pour FrieslandCampina depuis des années. « Près de la moitié d’entre eux viennent chaque jour sur nos sites. Ils connaissent les gens, les procédures… et même les projets du week-end des uns et des autres », sourit P. Van Renterghem. « C’est un vrai atout, car cela renforce la confiance et l’efficacité. »
FrieslandCampina livre les centres de distribution comme Colruyt, Delhaize et Lidl, où les exigences en matière d’emballage et de qualité des palettes sont très strictes, surtout dans les DC entièrement automatisés. « Un bout de film plastique détaché ou de carton mal fixé peut entraîner un refus. Nous travaillons donc en étroite collaboration avec la production pour garantir que chaque palette soit adaptée à un traitement automatique. »
Le plus grand défi consiste à équilibrer les volumes et à planifier les chargements à temps, malgré une infrastructure de quai parfois limitée. « Nous disposons de 8 quais pour parfois 100 camions par jour », indique-t-il. « Notre activité fonctionne de 6 h à 22 h. Tout repose sur une planification rigoureuse et un bon équilibre entre transporteurs. En période de pointe, nous faisons appel à des capacités flexibles au sein de notre réseau existant. »
Durabilité
FrieslandCampina impose à ses partenaires logistiques des critères environnementaux précis. Lors du dernier appel d’offres, chaque transporteur devait soumettre un audit de durabilité détaillé portant sur la modernisation de la flotte, la consommation de carburant, la formation des chauffeurs, les panneaux solaires, l’énergie éolienne et les véhicules électriques. « Nous visons une réduction de 43 % des CO₂ d’ici 2030 », annonce P. Van Renterghem. « Cela exige des efforts de tous, y compris de nos partenaires transport. »
Un logiciel interne centralise toutes les données d’émission et permet de mesurer les progrès. « Nos données sont transparentes, notre direction est claire. Au cours des prochaines années, nous continuerons d’investir dans la mobilité électrique, les énergies renouvelables et la numérisation. C’est indispensable pour rester efficace et compétitif sur un marché toujours plus exigeant. »
En collaboration avec Transport Cools et Dematra, FrieslandCampina a lancé des trajets électriques. Les deux entreprises utilisent un Mercedes eActros 600 pour le compte exclusif du groupe, à destination et au départ du site d’Aalter.
Transport Cools dessert le port d’Anvers (320 km au total), tandis que Dematra effectue chaque jour deux livraisons chez des détaillants et deux retours CHEP, soit environ 340 km. L’importateur Daimler Truck et les concessionnaires VDH et Ghistelinck ont étroitement accompagné la mise en service de ce transport électrique.
« Ces trajets devraient permettre d’économiser environ 160 t de CO₂ par an », souligne P. Van Renterghem. « Dematra et Cools Transport financent eux-mêmes l’achat des camions et l’installation des bornes de recharge sur leurs sites, mais nous nous engageons à collaborer avec eux sur le long terme. Trouver les bons itinéraires où ces véhicules pouvaient être utilisés a été la plus grande difficulté. Pour nous, il s’agit d’un projet pilote que nous évaluerons bientôt. »
FrieslandCampina en chiffres
- 400 millions de litres de lait transformés par an à Aalter
- 85 à 110 camions par jour
- 17.000 envois par an
- 15 transporteurs partenaires, principalement belges et néerlandais
- Objectif : – 43 % d’émissions de CO₂ d’ici 2030


