Selon l’association TAPA et l’Union internationale d’assurance maritime (IUMI), les vols de marchandises augmente de façon alarmante dans le monde entier. L’Europe n’est pas épargnée mais échappe pour l’instant aux cas les plus graves où les vols s’accompagnent d’actions violentes.
Près de 160.000 crimes liés au vol de fret ont été enregistrés dans 129 pays entre 2022 et 2024, avec des pertes totales estimées à plusieurs milliards d’euros. Ces chiffres sont corroborés par l‘Association allemande des assureurs (GDV) qui estime qu’au cours des sept premiers mois de 2025, 88 cas de transporteurs fantômes ont été enregistrés, soit autant que pendant toute l’année précédente. En Allemagne, un camion complet disparaît tous les trois jours, ce qui a entraîné des pertes d’environ 18 millions d’euros à la fin du mois de juillet 2025.
Ces ‘fake carriers’ représentent une forme de plus en plus courante de vols de fret en Europe. La TAPA et l’IUMI avertissent d’ailleurs que la criminalité liée au fret devient de plus en plus sophistiquée et s’appuie de plus en plus sur les technologies numériques. Thorsten Neumann, président-directeur général de TAPA EMEA, explique : « Bien que les vols conventionnels dans les camions et les entrepôts soient toujours fréquents, la criminalité liée au fret évolue. Nous voyons des criminels utiliser des outils numériques pour dissimuler leur véritable identité, créer des sociétés écrans et cloner des entreprises légitimes à l’aide d’identifiants volés. Les adresses e-mail falsifiées, les domaines similaires et les faux certificats d’assurance sont de plus en plus courants. Nous craignons que l’intelligence artificielle n’accélère ces activités, facilitant la tromperie à grande échelle et augmentant considérablement les pertes. »
En réponse à ces risques croissants, l’IUMI et TAPA EMEA appellent les acteurs de la chaîne d’approvisionnement et les autorités gouvernementales à prendre des mesures urgentes mais elles publient aussi conjointement des conseils à l’intention des expéditeurs, des prestataires logistiques et des assureurs afin de renforcer leur résilience face aux menaces physiques et numériques. Parmi les recommandations figurent la vérification continue des transporteurs et des chauffeurs, la vérification des contacts, des documents et des références d’assurance, le respect des normes de sécurité et d’exploitation reconnues, une vigilance accrue face aux comportements anormaux et un recours accru à des installations sécurisées et à la planification des itinéraires.
Lars Lange, secrétaire général de l’IUMI, pointe également la responsabilité des plateformes d’échange de fret qui doivent veiller à ce qu’aucun faux transporteur ne puisse opérer sur ces plateformes. Une des solutions qu’il préconise est l’application rigoureuse de l’authentification multifactorielle des sociétés qui interviennent sur les plateformes.
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