Vu de Belgique, le secteur du transport routier polonais a souvent été vu comme un concurrent agressif. Le pavillon polonais a fortement grandi en 20 ans, est devenu le plus grand caboteur d’Europe et est le plus gros contributeur étranger de la LKW-Maut en Allemagne. Pourtant, tout n’est pas rose au pays de Donald Tusk…
L’expression est probablement excessive, même si elle émane pas du président de la fédération Transport i Logistyka Polska : Maciej Wroński n’hésite pas à utiliser le terme d’agonie pour qualifier l’évolution actuelle du transport routier polonais. Pour appuyer ses dires, Maciej Wroński aligne les chiffres : le nombre d’entreprises en ordre de licence est passé de 44.957 à 43.924 entre la fin 2024 et la fin 2025 (-2.3 %) et cette baisse touche particulièrement les grandes entreprises (plus de 100 véhicules), dont le nombre a baissé de 7,53 %. Selon M. Wroński, ce sont les entreprises possédant entre 11 et 20 véhicules qui se sont révélées les plus résistantes à la mauvaise conjoncture puisque leur nombre n’a pratiquement pas changé. Le nombre de véhicules détenus par les transorteurs polonais a quant à lui baissé de 5.12 %. Le nombre de faillites a bondi de 142 % (1270 contre 525) et le nombre d’entreprises ayant mis fin à leurs activités (hors faillite) a augmenté de 21 % (467 contre 384).
D’une manière plus subjective, il semble que la valeur totale des services de transport fournis par les transporteurs polonais soit en baisse. De 14 % du PIB, elle est tombée sous la barre de 12.8 % en 2025. Maciej Wroński l’explique en partie par la faible conjoncture économique chez les principaux partenaires économiques de la Pologne mais il invoque aussi la pénurie de chauffeurs. celle-ci est particulièrement sévère en Pologne où le secteur emploie environ 350.000 chauffeurs routiers mais où plus de 145.000 postes ont occupés par des ressortissants d’autres pays. Ce sont les chauffeurs ukrainiens qui se taillent la part du lion (47 % du total), suivis de près par les Biélorusses. Cependant, en deux ans, le nombre de chauffeurs étrangers employés en Pologne a chuté de plus de 10 %. Maciej Wroński n’explique cependant pas si cette baisse est due à un manque de travail ou si elle est une des causes de la baisse des volumes de transport.
Quoi qu’il en soit, le transport routier polonais semble arrivé à la croisée des chemins : il n’est aujourd’hui plus le moins cher et doit peut-être revenir à des ambitions plus en phase avec ses possibilités réelles…



