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L’Intelligence Artificielle dans le transport : Human In The Loop !

ChatGPT n’est que la pointe de l’iceberg appelé Intelligence Artificielle. Pour les sociétés de transport, l’avenir passe par des ‘agents’ qui seront aptes à gérer des tâches précises. C’est le message principal que veut faire passer Franck Leveque, expert en télématique et consultant en mobilité.

Franck Leveque œuvre dans la télématique depuis plus de 25 ans, d’abord chez Frost & Sullivan et ensuite chez Bridgestone Mobility Solutions. Il est aujourd’hui consultant indépendant en mobilité et donc très bien placé pour nous aider à vulgariser l’impact de l’Intelligence Artificielle dans le transport routier.

Comme M. Jourdain faisait de la prose…

L’IA est-elle arrivée en 2022 ? Franck Leveque : Non, bien sûr. L’Intelligence Artificielle a fait ses débuts dans les années 1950 dans le domaine de la recherche. Dans les années 1980 et 1990, on avait de l’IA ‘étroite’, c’est-à-dire des systèmes auto-apprenants mais hyper-spécialisés. Le robot qui a battu Kasparov aux échecs, c’était de l’IA. Ensuite, dans les années 2000, on a vu le développement du ‘machine learning’ et des réseaux neuronaux, ce qui a permis d’avancer vers l’apprentissage profond. Enfin, un peu après 2020, c’est l’apparition des modèles de langage appelés LLM qui ont été popularisés par les assistants conversationnels. Donc, pendant des décennies, on a fait de l’IA sans s’en rendre compte.

L’IA, c’est quoi finalement ?
F. Leveque : Ce n’est pas une solution, c’est un outil qui permet de développer des solutions. C’est un algorithme intelligent.

Vous dites que l’IA générative, ce n’est pas le plus excitant…
F. Leveque : L’IA générative est très efficace pour automatiser des tâches répétitives, par exemple dans un service de support client qui doit gérer des centaines de mails ou d’appels téléphoniques avec à peu près toujours les mêmes problèmes. Mais le plus excitant, c’est l’IA agentique. Cela consiste à développer un ‘agent’ qui va fonctionner comme un membre de votre personnel. Il faut lui donner accès aux bonnes bases de données et le former pour qu’il puisse réaliser des tâches bien spécifiques.

Un nouveau collègue à former

Un agent IA remplace-t-il une personne ?
F. Leveque : Non. Il ne faut pas viser une autonomie à 100 %. Un agent IA peut prendre à son compte les activités répétitives et monotones mais il ne faut pas lui confier une tâche à 100 %. Considérez-le comme un nouveau collègue qui sort de l’école ou de l’université et à qui il faut apprendre le métier et dont il faut contrôler le travail.

Qui est capable de développer ses propres agents ?
F. Leveque : Il y a quelques semaines, ChatGPT a lancé un outil qui permet de le faire soi-même mais dans un contexte professionnel, on n’y est pas encore. Les très grandes entreprises de transport peuvent développer leurs propres agents IA avec l’aide de cabinets de consultance spécialisés. Leurs agents seront donc hyper-spécialisés. Les PME devront travailler avec des agents un peu moins spécialisés développés par des fournisseurs indépendants. Mais il y a une chose qu’il faut savoir : un agent IA, ce n’est que du code : on peut le lancer quand il n’est bon qu’à 80 %. Ce n’est pas comme avec du hardware : on peut très vite réécrire le code.

On parle aussi beaucoup de l’intégration de la vidéo…
F. Leveque : Avec des caméras, qui sont maintenant partout, on peut faire beaucoup de choses. Par exemple repérer un trou dans une route et le faire savoir au gestionnaire de l’infrastructure qui, grâce à une IA, peut savoir si le dégât doit être réparé plus ou moins vite. Mais la vidéo peut aussi être utile dans une entreprise de transport : classiquement, ce sont les outils de détection de la fatigue ou de la somnolence dans la cabine mais aussi des caméras qui filment l’intérieur de l’espace de chargement.

Pour l’instant, elles sont surtout utilisées pour détecter les intrus et empêcher les vols de marchandises…
F. Leveque : Elles peuvent faire beaucoup plus que ça. En analysant en temps réel l’espace au sol libre, un agent IA pourrait mieux combiner les ordres de transport et ainsi réduire les kilomètres à vide.

Et quelle sera l’étape suivante ?
F. Leveque : Le Graal, c’est l’entretien prédictif. TIP Europe finance par exemple une scale-up qui développe un outil personnalisé pour prendre rendez-vous dans n’importe quel garage. On développe aussi des outils qui collectent les DTC, les codes d’erreur envoyés par les objets connectés. Ca ne sert à rien de les envoyer tels quels. Utilisons un agent IA capable de les trier et de prioriser les actions à mener au niveau de toute une flotte ! Et je le répète, il faudra toujours un superviseur. Human in the Loop !

L’exemple Moderna

Selon Franck Leveque, très peu d’organisations sont prêtes à développer une IA. Il prend l’exemple de Moderna : en 2020, sans avoir eu aucun contact ‘physique’ avec le virus du Covid-19, en travaillant seulement sur la séquence ADN, il sont développé un vaccin en 63 jours. C’est selon lui un exemple d’entreprise apte à l’IA.

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