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Chloé Schepers : près de 90.000 followers par trajet !

Chloé Schepers (26 ans) est la conductrice la plus connue de l’équipe de Dewil R. à Tirlemont. Tous ses trajets professionnels sont diffusés en direct via Twitch, Kick et YouTube. Qu’elle se rende sur un chantier avec une benne, charge des betteraves sucrières ou évacue de la terre après des travaux de démolition, des dizaines de milliers de personnes la suivent en temps réel, aux quatre coins du globe.

« Je fais simplement mon travail », dit-elle sobrement. « Apparemment, les gens trouvent cela intéressant. » Sa cabine est à la fois son lieu de travail et son studio, sans fioritures. Le stream tourne en arrière-plan, tandis que Chloé se concentre sur la route, les manœuvres et le rythme de la journée. Les vues frontale et latérale gauche du camion sont également diffusées.

Cette activité lui a valu – c’est la seule Belge dans ce cas – une nomination aux ‘Streamer Awards’ aux États-Unis. « Je suis allée à Las Vegas pour la cérémonie, mais je n’ai pas gagné. C’était malgré tout une expérience fantastique. Et cela a boosté ma notoriété en tant que ‘streamer’. »

Comment sa carrière de conductrice a-t-elle débuté ? « Après mes études secondaires, je ne savais pas vraiment ce que je voulais faire », explique-t-elle. « Je jouais beaucoup au jeu vidéo Euro Truck Simulator. C’est là que mon intérêt pour les camions est né. Je me suis rendu compte que ce n’était pas seulement le jeu qui me plaisait, mais surtout l’idée : être autonome sur la route, suivre un itinéraire, maîtriser un véhicule… J’ai obtenu mon permis via Atrium Opleidingen, puis j’ai commencé à travailler comme conductrice de poids lourd à 19 ans. »

« Ce que j’aime dans ce métier, c’est être sur la route, rouler, cette sensation de liberté. J’aime être seule et travailler de manière autonome. Dans ma cabine, à mon rythme, en responsabilité. Cela correspond à mon caractère, je pense. J’aime aussi manœuvrer. Parvenir à placer ou à parquer le camion avec précision procure une vraie satisfaction. »

Du temps plein au temps partiel

Jusqu’au début de l’an passé, Chloé travaillait à temps plein. « 11 à 12 h par jour, 5 à 6 jours par semaine », raconte-t-elle. « C’est beaucoup. À la longue, c’était tout simplement trop lourd. » À l’automne 2024, elle a donc pris une décision importante : « Je ne veux pas parler de burn-out, mais c’était devenu excessif. Je voulais vraiment travailler moins. J’ai démissionné et cherché un emploi à temps partiel comme chauffeur. Pas simple car beaucoup de transporteurs fonctionnent avec des horaires à temps plein et des plannings fixes. Un chauffeur qui souhaite réduire son temps de travail ne s’intègre apparemment pas facilement dans ce système. J’ai cherché pendant environ 7 mois avant d’arriver chez Dewil R., un bon employeur. J’y travaille aujourd’hui 35 à 40 h par semaine, réparties sur 3 ou 4 jours. »

Chloé conduit un Mercedes Arocs, le plus souvent avec une benne. Le travail est physique et concret, notamment pour le transport de terres et de déchets de démolition. « C’est aussi la saison des betteraves pour le moment », précise-t-elle. « Je charge les betteraves dans les champs et les transporte vers l’usine. Et bientôt débutera la saison du fumier. »

Pas seulement des passionnés de transport

Tous ces trajets, en Brabant flamand, autour de Bruxelles et dans le Limbourg, sont donc diffusés en direct par Chloé. « Je l’avais déjà fait avant », explique-t-elle, « mais jamais de manière aussi sérieuse. Ce n’est qu’après avoir commencé à travailler à temps partiel en avril 2025 que je m’y suis remise. Et j’ai rapidement attiré beaucoup d’abonnés. Je suis surtout active sur Twitch, mais je diffuse désormais aussi sur YouTube et Kick. Ces plates-formes fonctionnent avec des algorithmes. Une femme au volant d’un poids lourd, ça interpelle visiblement, et ce qui fonctionne est mis en avant. Et cela me rapporte même de l’argent, plus que mon emploi de chauffeur à temps partiel. Ce n’était pourtant pas mon objectif au départ. C’était juste un hobby. »

Qui sont les followers ? « L’âge des abonnés est très variable », constate-t-elle. « Il y a plus d’hommes que de femmes, mais pas uniquement des gens issus du monde du transport. Beaucoup laissent le stream en arrière-plan, simplement pour regarder le paysage. Le rythme de la route, les sons de la cabine et le mouvement constant semblent avoir un effet apaisant. »

Le streaming ne vous distrait-il pas au volant ? « Au contraire », insiste-t-elle. « Quand des milliers de personnes regardent, cela ressemble un peu à un examen de conduite. La moindre erreur se voit. Cela fait de moi une conductrice plus attentive et concentrée. Mon téléphone est fixé dans un support, je ne touche à rien pendant la conduite. C’est comme un appel en mains libres. »

Et son employeur ? « Il n’y voit aucun problème. Pour Dewil R., c’est une publicité supplémentaire, via mes streams et les articles dans différents journaux et à la VRT. D’autres chauffeurs commencent aussi à me reconnaître. On me fait souvent signe ou des appels de phares. Chez les clients, en revanche, ça reste discret : ils ne me connaissent pas vraiment. »

« D’abord sceptiques, ensuite admiratifs »

Ce métier reste très masculin. Chloé Schepers ressent-elle des préjugés de la part des clients ou de collègues masculins ? « Ça se passe plutôt bien », répond-elle. « Il faut parfois faire davantage ses preuves. Les gens regardent d’abord avec un certain scepticisme quand je dois manœuvrer, mais ensuite je reçois souvent des compliments. Je ne connais pas personnellement d’autres conductrices, même si j’en croise sur la route. Nous sommes encore minoritaires, mais cela ne nous pousse pas pour autant à nous retrouver », ajoute-t-elle en souriant.

« Aujourd’hui, mes activités de streaming me rapportent plus que mon emploi de chauffeur à temps partiel. »

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