Les tensions persistantes au Moyen-Orient et la fermeture du détroit d’Ormuz ont un impact immédiat sur les chaînes logistiques mondiales. Pour les transitaires, cela se traduit par une accumulation de défis opérationnels et financiers.
En raison de la perturbation des routes maritimes essentielles, les horaires des compagnies maritimes sont constamment remaniés. Les navires sont déroutés et déchargent leur cargaison dans des ports différents de ceux initialement prévus. Cela entraîne non seulement des retards, mais aussi une pression accrue sur les ports européens, provoquant des phénomènes de congestion. Pour les transitaires, cela signifie qu’ils doivent en permanence s’adapter, revoir leurs plannings et trouver des solutions créatives pour acheminer les marchandises à temps vers leur destination.
Parallèlement, la hausse des prix du carburant et l’incertitude géopolitique entraînent une forte augmentation des tarifs et des surtaxes. Les compagnies maritimes appliquent des coûts supplémentaires, souvent à très court terme. Les transitaires se retrouvent dès lors dans une position délicate : ils doivent absorber ces hausses et tenter de les répercuter sur leurs clients, ce qui n’est pas toujours évident dans un marché concurrentiel où les engagements contractuels sont sous pression.
L’impact ne s’arrête toutefois pas au transport maritime. Dans leurs relations avec les entreprises de transport, les transitaires constatent également une aggravation de la situation. La congestion dans les terminaux rend souvent impossible la réservation de créneaux horaires pour l’enlèvement ou la livraison des conteneurs. Les chauffeurs sont confrontés à des temps d’attente, ce qui engendre des coûts supplémentaires et une utilisation inefficace du matériel.
Ces situations donnent régulièrement lieu à des discussions entre transitaires et transporteurs quant à la répartition des coûts et des responsabilités. Alors que les transporteurs font face à une hausse de leurs coûts opérationnels, les transitaires subissent la pression de leurs clients pour maintenir des tarifs stables.
Dans ce contexte, la collaboration est plus essentielle que jamais. Une communication transparente et des accords clairs sont indispensables pour maîtriser l’impact de cette crise. Les transitaires et les transporteurs adressent un message commun aux compagnies maritimes : dans ces circonstances exceptionnelles, il ne peut être question d’abuser des surtaxes ni de facturer des frais de démurrage et de détention injustifiés. À l’égard des chargeurs, il s’agit de faire passer ensemble le message que la situation actuelle implique des efforts supplémentaires et des coûts imprévus.
Ce n’est qu’à travers une coordination étroite que nous pourrons continuer à garantir un flux de marchandises fiable et efficace.
Olivier Schoenmaeckers,
Managing Director, Forward Belgium.



