L’annonce d’un accord inter-régional sur l’instauration d’une vignette forfaitaire pour tous les véhicules de moins de 3.5 tonnes n’a pas tardé à faire réagir les groupes de pression qui militent pour un système basé sur l’utilisation réelle des routes. La Febetra, en particulier, se montre très déçue.
« Il est regrettable que la Flandre, la Wallonie et Bruxelles n’optent pas pour une redevance kilométrique pour les véhicules de moins de 3,5 tonnes. Contrairement à une vignette routière, qui revient à une contribution forfaitaire, une redevance kilométrique repose sur un principe équitable : plus on utilise la route, plus on paie. De plus, un système bien conçu peut réellement influencer les comportements en matière de mobilité », constate le directeur Philippe Degraef.
« Force est de constater que les passions s’enflamment à chaque fois que quelqu’un met sur la table une redevance kilométrique pour tous les usagers de la route. Les responsables politiques écartent systématiquement cette proposition en arguant qu’elle ne bénéficie d’aucun soutien de la société et qu’elle est électoralement irréalisable. Pourtant, d’un point de vue rationnel, il n’y a pas grand-chose à redire au principe de ‘l’utilisateur payeur’. Pourquoi une personne qui parcourt des dizaines de milliers de kilomètres par an ne contribuerait-elle pas davantage qu’une autre qui ne prend la route que sporadiquement ? En quoi cela est-il exactement injuste ? Ce n’est d’ailleurs pas une idée révolutionnaire. Dans de nombreux autres domaines, ce principe nous semble aller de soi. Celui qui consomme plus d’électricité ou d’eau paie également plus. Nous considérons cela comme la chose la plus normale au monde.
Il est d’autant plus frappant que les trois régions optent pour un système dont on sait d’avance qu’il n’aura aucune incidence sur la mobilité. Une redevance kilométrique, à condition d’être mise en œuvre de manière réfléchie, avec par exemple des tarifs variables en fonction de l’heure ou du lieu, peut non seulement être plus équitable, mais aussi contribuer à une utilisation plus efficace de nos routes. En s’en tenant à la vignette routière, les régions laissent passer cette opportunité. C’est une occasion manquée tant pour une fiscalité plus équitable que pour une meilleure politique de mobilité. »



