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Qwik Parcels : « L’utilitaire parfait n’existe pas, mais la combinaison idéale, oui »

Des livraisons du dernier kilomètre à partir d’un hub situé en périphérie urbaine, une flotte 100 % électrique et une participation au projet pilote autorisant la conduite de véhicules électriques jusqu’à 4,25 t avec un permis B… On pourrait croire au modèle économique d’un grand acteur de la logistique. Pourtant, c’est l’approche audacieuse de la PME Qwik Parcels de Hasselt.

Fondée en 2021 par Laurens Meuwissen et son père Jean-Marie, Qwik Parcels est née d’une idée noble. « Nous voulions réduire le flux quotidien de camions à destination des commerçants du centre-ville en regroupant les marchandises en périphérie, puis en les livrant en petites quantités au moment opportun. Au départ, nous travaillions exclusivement en B2B avec un seul véhicule : un Cenntro Metro 100 % électrique. Compact, mais doté d’une charge utile intéressante. Et nous l’utilisons toujours aujourd’hui », explique Laurens.

Ford E-Transit

La collaboration avec les commerçants et entreprises locales reste l’une des activités principales de l’entreprise, mais depuis 2023, Qwik assure aussi des livraisons de colis pour un grand acteur du dernier km. Laurens s’est donc mis à la recherche d’un utilitaire plus grand : « Électrique bien sûr, mais à l’époque, l’offre était encore limitée. Nous avons choisi le Ford E-Transit, qui représentait alors un investissement conséquent. Il répondait à nos besoins, même si sa charge utile aurait pu être un peu plus élevée. Nous avons donc acquis un 2e exemplaire en 2024. »

Aujourd’hui, Qwik Parcels effectue des livraisons pour pratiquement toutes les sociétés de colis à partir de son propre hub, complété par un point relais. Les sociétés de colis soutiennent-elles financièrement Qwik Parcels du fait de son parc électrique ? « Au début, oui, sous forme d’une prime journalière, mais ce n’est quasi plus le cas aujourd’hui. L’une des entreprises pour lesquelles nous travaillons nous autorise à recharger nos utilitaires sur son site, mais je n’en profite pas. Cela impliquerait de parcourir davantage de km », précise Laurens.

Renault Master

Qwik a donc choisi une autre solution. « Chaque matin, à l’exception du petit Cenntro, nos utilitaires vont chercher leur chargement à Lummen. Ils effectuent ensuite les livraisons chez les clients. Ce qui n’a pas pu être distribué est regroupé dans notre hub, puis un seul véhicule le ramène à Lummen tandis que les autres rechargent ici avec de l’électricité verte. C’est plus efficace et cela permet une chaîne entièrement sans émissions. C’est unique », souligne Jean-Marie.

En 2025, Qwik s’est mis en quête d’un utilitaire électrique pour assurer la liaison entre Hasselt et Lummen. Plus grand, avec une plus grande autonomie et une charge utile supérieure « Entre-temps, le choix s’était élargi », explique Laurens. « Nous avons opté pour le Renault Master E-Tech. La traction avant offre une charge utile plus importante et, grâce au plancher surbaissé, davantage de volume utile. De plus, sa batterie de 87 kWh offre une autonomie supérieure à celle du Ford E-Transit avec ses 68 kWh. »

4 tonnes avec un permis B

L’optimisation ultime est toutefois arrivée avec un 2e Master doté d’une caisse grand volume et d’un hayon élévateur. « Cela nous permet de récupérer des palettes complètes pour les transférer dans notre entrepôt avant la distribution. Nous gagnons ainsi un temps précieux », explique Jean-Marie.

Afin de maximiser la charge utile tout en tenant compte du poids du hayon, Laurens a commandé le Master en version 4 t et inscrit Qwik au projet pilote relatif à la conduite d’EV dont la MMA atteint 4,25 t avec un permis B. « Nous avons nous-mêmes effectué les démarches administratives. Et nous avions le temps de le faire, car notre camion a finalement mis plus d’un an à arriver. C’est le premier du genre en Belgique et nous en avons payé le prix sous forme de délais d’attente. L’homologation et les contrôles techniques, en particulier, ont donné beaucoup de fil à retordre », raconte Laurens.

« Toujours le plus petit véhicule possible »

Malgré cela, il se dit très satisfait de cette nouvelle acquisition. « Même avec la superstructure, nous conservons une charge utile d’une tonne contre 750 kg pour l’E-Transit. C’est aussi pour cela que nous ne faisons pas installer de rayonnages dans nos utilitaires : cela représenterait un poids supplémentaire. »
Mais quelles que soient leurs différences, Laurens apprécie l’ensemble de sa flotte. « Pour moi, l’utilitaire électrique parfait n’existe pas. En revanche, une combinaison de modèles complémentaires permet d’obtenir un résultat optimal. Nous privilégions toujours le plus petit véhicule possible et n’utilisons un modèle plus grand que lorsque c’est nécessaire. Notre hub joue aussi un rôle essentiel, car il nous permet d’employer des véhicules plus compacts dans les centres-villes. Lors des Championnats du monde de cyclisme à Hasselt, nous avons aussi testé un cargo bike. Mais les modèles offrant une charge utile importante restent très coûteux. Dans ce contexte, notre Cenntro demeure plus pratique », conclut Laurens.

La livraison électrique est-elle rentable ?

« Cela nécessite des investissements importants, mais les coûts d’exploitation sont nettement inférieurs à ceux d’un véhicule diesel. En attendant la livraison de notre camion, nous avons roulé quelque temps avec un modèle diesel. La facture mensuelle de carburant était équivalente à celle de l’électricité consommée par nos 5 utilitaires électriques réunis, sans même parler des coûts d’entretien plus faibles des EV », explique Laurens.

« Pour moi, il n’y a donc plus de retour en arrière possible. Bien sûr, il faut s’adapter : adopter une autre manière de conduire, préchauffer les véhicules ou encore les stationner dans l’entrepôt plutôt qu’à l’extérieur lorsqu’il fait froid afin d’éviter une consommation inutile liée au chauffage. Un volant chauffant économiserait également beaucoup d’énergie dans une cabine dont la porte s’ouvre et se ferme constamment. De plus en plus de personnes réalisent que ce modèle fonctionne : alors qu’auparavant certains s’en moquaient, les collègues viennent désormais nous demander conseil. »

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