Le Parlement européen a voté contre une proposition de règlement qui aurait exclu le soja des matières premières entrant dans la composition des biocarburants considérés comme renouvelables d’ici 2030. Cette décision est fortement critiquée par Transport & Environment.
L’Union Européenne avait auparavant réussi à interdire progressivement les biocarburants à base d’huile de palme mais le soja, dont la culture est considérée comme une des principales causes de déforestation dans de nombreux pays asiatiques ou au Brésil, est aujourd’hui une matière première très prisée pour les biocarburants : l’huile de soja raffinée sert à fabriquer biodiesel classique par transestérification avec du méthanol, et ce biodiesel entre dans la composition du diesel B7 vendu en Europe. En ce qui concerne le HVO, l’Europe se repose plutôt sur des huiles usagées, des graisses animales ou des résidus.
Cian Delaney, responsable de la campagne sur les biocarburants chez T&E, a déclaré : « Cette décision fait suite à un lobbying acharné et ciblé de la part des industries de la bioénergie et de l’agriculture, afin qu’elles puissent continuer à utiliser du soja, qui favorise la déforestation, pour produire des biocarburants. Le soja est l’une des principales causes mondiales de déforestation et de défrichement. Le considérer comme une alternative durable aux combustibles fossiles revient à sous-estimer grossièrement l’impact de sa culture sur l’environnement, le climat et la sécurité alimentaire. »



