Dans un épisode spécial de Truckstop, le podcast Transportmedia, Marc Van Grootel revient sur une carrière entièrement dédiée au transport et à la sécurité routière. L’ancien conseiller en prévention de TVM Belgique, officiellement retraité le 1er juillet, s’entretient avec l’animateur Jeroen Ver Schakelen de son amour pour le secteur, de son combat pour une meilleure image du chauffeur routier et des projets qu’il regarde aujourd’hui avec fierté.
Le bug des transports est arrivé très tôt
Marc Van Grootel a littéralement grandi parmi les camions. Son père était transporteur et il montait dans le taxi dès son plus jeune âge. «Il était mon modèle», dit-il. « Je suis devenu complètement accro dès l’âge de seize ans. J’avais hâte de prendre le volant moi-même. »
Afin de devenir au plus vite chauffeur routier, il s’engage dans l’armée après le lycée, où il obtient son permis de conduire CE. Un choix conscient, car l’attrait du secteur des transports s’est avéré plus grand que celui des études complémentaires. « En fait, je suis tombé amoureux des camions », dit-il en souriant.
De conducteur à ambassadeur de la sécurité routière
Bien que beaucoup de gens connaissent Marc principalement grâce à ses années chez TVM, son histoire a commencé en tant que chauffeur de camion et entrepreneur en transport. Cette expérience pratique constituera plus tard la base de sa mission. « Quand je leur ai dit que j’étais chauffeur de camion, j’ai reçu une fois la réponse : ‘Ah, quel tueur.’ Cela m’a profondément touché. Il ne veut pas simplement accepter cette image négative. Surtout après les nombreux accidents dans les angles morts dans lesquels les conducteurs étaient souvent automatiquement pointés du doigt. Au lieu de se résigner, Van Grootel a décidé de faire lui-même la différence.
Cette conviction s’est d’abord traduite par sa propre entreprise de transport Groover International, où la sécurité était une priorité absolue. Ces efforts ont été récompensés par deux Truck Safety Awards. Il a ensuite également mis à profit son expertise au sein de Transport et Logistique Flandre (TLV), où il a été l’un des fondateurs de la cellule Sécurité & Image.
« Safe on the Road » est devenu un héritage durable
L’un des projets dont Marc Van Grootel est le plus fier s’est réalisé avec une étonnante facilité. Il a visité l’école de ses enfants avec son camion pour sensibiliser les élèves aux zones de danger autour d’un camion. Cette initiative s’est finalement transformée en Safe on the Road, un projet national de sensibilisation qui existe depuis 25 ans, a touché plus de 200 000 enfants et a visité plus de 3 000 écoles.
Selon Van Grootel, le projet prouve que la sensibilisation fonctionne. « Nous constatons aujourd’hui que le nombre d’accidents dans les angles morts impliquant des enfants a fortement diminué. Le défi se déplace désormais davantage vers les cyclistes plus âgés, qui n’ont souvent jamais reçu la même éducation routière. »
Pour lui, la sécurité routière reste une responsabilité partagée. Non seulement le conducteur, mais aussi l’infrastructure, les véhicules et les autres usagers de la route jouent à cet égard un rôle crucial.
Retraité… mais pas du secteur
Bien que Marc Van Grootel soit officiellement à la retraite, il n’envisage pas pour autant de lâcher complètement le monde des transports. «Le secteur ne me laissera jamais partir.» Aujourd’hui, il s’engage auprès de l’ESPORG (European Safe Parking Organisation), où il contribue en coulisses à une infrastructure de stationnement meilleure et plus sûre pour les chauffeurs routiers en Europe.
Selon lui, il y a encore un énorme défi à relever. Non seulement il y a structurellement trop peu de places de stationnement, mais les installations laissent souvent beaucoup à désirer. « Les conducteurs méritent un endroit sûr pour se reposer, avec des installations sanitaires décentes et des repas sains. Les conductrices, en particulier, devraient pouvoir passer la nuit en toute sécurité. »
Construire le respect pour toute une vie
Quiconque écoute la conversation avec Marc Van Grootel remarquera à quel point il éprouve toujours de l’amour pour le secteur des transports. Pas par nostalgie, mais par engagement. Tout au long de sa carrière, un objectif était central : créer plus de respect pour les personnes au volant et contribuer à un secteur plus sûr.
Sa retraite ne signifie pas au revoir, mais le début d’un nouveau rôle. Moins visible peut-être, mais toujours aussi piloté. Car comme le dit Marc lui-même : « Le secteur ne me lâchera jamais. »



