IAA : quel potentiel pour les marques chinoises ?

Alors qu’ils étaient présents lors des précédentes éditions avec des camions non homologués, les constructeurs chinois seront cette fois présents en force à l’IAA avec des gammes conformes aux règles européennes et prêtes à être commercialisées. Mais quelle sera leur force de frappe dans la vente et l’après-vente ? C’est la question à un milliard d’euros…

Il y aura au moins neuf constructeurs chinois représentés à l’IAA. Parmi ceux-ci, des géants déjà bien implantés dans le domaine de la voiture particulière (BYD, FAW, Dongfeng) voire des utilitaires légers (Farizon avec le nouveau Homtruck), des marques que l’on a découvertes à l’IAA 2024 et qui ont désormais des produits commercialisables comme SuperPanther (construit par Steyr Automotive en Autriche), un géant des machines de construction qui s’attaque au marché des tractuers routiers (Sany) et des marques jusqu’ici inconnues et qui font leurs débuts à l’IAA comme Skyworth ou Deepway.

Une partie des camions qui seront exposés par ces marques seront tout à fait conformes aux normes de confort et de performances européennes et constitueront à n’en pas douter une alternative tout à fait valable aux produits des constructeurs européens. On pense en particulier au Superpanther Topas ou aux nouveaux camions que présentera BYD. la grande question sera de savoir si ces marques seront capables de développer rapidement un écosystème autour de leurs camions neufs : réseau de vente et d’après-vente, approvisionnement en pièces détachées, garanties et buy-backs, support d’une institution financière etc…

L’autre question qui se posera sera l’ouverture des clients européens à ces nouveaux challengers. Une étude qui vient d’être publiée par Bain & Company permet d’y voir un peu plus clair, après une enquête menée auprès de plus de 500 acheteurs dans cinq pays européens. Premier constat : les gestionnaire de flotte sont de moins en moins satisfaits des offres actuelles et des performances des constructeurs européens. La fidélité à une marque est une notion qui s’érode et un tiers des gestionnaires de flotte sont susceptibles de changer de marque lors de leur prochain achat.

Les constructeurs chinois pourraient profiter de cette situation : environ un exploitant de flotte sur trois a déjà pris contact avec un constructeur chinois et s’est déclaré ‘susceptible’ ou ‘très susceptible’ d’acheter un véhicule chinois au cours des trois prochaines années. Cette tendance est encore plus forte dans les flottes qui sont disposés à adopter des camions électriques. Une des raisons qui les poussent à envisager l’acquisition de camions chinois est le prix :  61 % des répondants s’attendent à ce que les camions chinois soient 10 % à 30 % moins chers.

Par contre, une majorité des répondants reste réticente aux marques chinoises, pourtant déjà perçues comme supérieures aux marques occidentales en termes d’autonomie, d’efficacité énergétique, de services connectés et d’infodivertissement. La confiance dans une nouvelle marque reste un frein, tout comme la densité et l’efficacité du réseau d’après-vente, la qualité du service et la valeur résiduelle.