Karen Rädström (Daimler Truck) : « Notre rentabilité pourrait tomber à néant »

KR

Lors de la soirée media de Daimler Truck, en prélude à la journée de presse du salon IAA Transportation, la CEO de Daimler Truck Karen Rädström a averti que l’industrie européenne du poids lourd risquait gros si la Commission Européenne maintenait intacts les objectifs CO2 imposés aux constructeurs. Dans un scénario considéré comme réalioste, c’est la totalité du bénéfice annuel réalisé par un constructeur comme Daimler Truck qui serait englouti dans les amendes à payer à l’Union Européenne.

« Les constructeurs ont fait leur travail, ils ont développé et mis sur le marché plus de 60 modèles différents de camions électriques. Pourtant, en 2025, la part de marché de ces camions atteignait à pmeine 2 %. En 2030, si nous devons atteindre les objectifs qui nous sont imposés par l’Europe, il faut passer à 35 %. Dans les conditions actuelles, ce sera très, très compliqué d’y arriver. En ce qui concerne Daimler Truck, chaque gramme de dépassement nous coûterait une amende de 120 millions d’euros », a expliqué Karen Rädström. Si le dépassement atteignait 10 grammes de CO2 par camion vendu, l’amende engloutirait tout simplement l’EBIT ajusté de Mercedes-Benz Trucks en 2025.

Karen Rädström a alors plaidé pour une révision des règles actuelles, un message qui sera probablement repris en choeur par tous ses confrères lors de la conférence de presse de l’ACEA demain. Elle a également lancé un vibrant plaidoyer en faveur du modèle allemand, qui a combiné primes à l’achat, tarif zéro pour les camions à émissions nulles pour la LKW-Maut et investissements (pourtant insuffisants) dans l’infrastructure de recharge. « C’est le seul modèle qui permet d’arriver rapidement à un TCO plus intéressant pour un camion électrique par rapport à un camion diesel », a-t-elle conclu. Et voilà un premier grand thème de cette édition 2026 de l’IAA mis sur la table…