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LINK2LOGISTICS Management 62 (juin 2022)

Du ‘just-in-time’ au ‘just-in-case’

Jusqu’il y a quelques années, la logistique était dominée par la globalisation de l’industrie et des échanges commerciaux et, parallèlement, la volonté de réduire au maximum les stocks. En conséquence, les supply chains se sont allongées et les approvisionnements en’ just-in-time’ se sont généralisés. Ces deux tendances ont été renforcées par l’émergence du commerce électronique.

La crise du Covid-19 et les disruptions dans les chaînes d’approvisionnement mondiales qu’elle a causées ont entraîné un premier coup d’arrêt majeur. Le blocage du canal de Suez a ensuite suscité une prise de conscience que notre dépendance de ces chaînes longues nous rend vulnérables. La guerre en Ukraine a encore accéléré le mouvement, dans la mesure où elle nous montre combien une réaction en chaîne est possible. Les sanctions contre la Russie ont mis à mal une partie du commerce international, mais sans trop de conséquences. Mais que se passerait-il si la Chine se mettait en tête d’envahir Taiwan ? Ce scénario jugé irréaliste jusque récemment, est désormais plausible. Les conséquences seraient dramatiques pour le commerce international.

Sur le moyen et long terme, cette prise de conscience devrait provoquer le rapatriement de certaines industries. Cela fait des années qu’on nous parle du nearshoring, mais comme Sœur Anne, on ne voyait rien venir. Cela devrait désormais changer. Sur le court terme, elle signifie que le ‘just-in-time’ est un modèle dans une large mesure dépassé. Le mouvement est d’ailleurs engagé : les entrepôts sont archipleins sous l’influence du ‘just-in case’. Bon nombre d’entreprises constituent des stocks excédentaires ‘au cas où’.

En conséquence, toutes les ‘hot spots’ logistiques du pays sont arrivées à saturation et même des régions traditionnellement moins attrayantes sont désormais convoitées, ainsi que vous pourrez le lire dans notre dossier ‘Logistics in Belgium’.

Une autre conséquence est que la logistique devra devenir encore plus efficace pour compenser les coûts du surstockage. Compte tenu du manque de personnel, on va donc assister à une accélération de la tendance à l’automatisation et de la robotisation. A tel point que désormais, la robotisation de certaines tâches administratives est désormais engagée.

Toutes ces évolutions nous montrent combien la logistique est un secteur dynamique et passionnant. Le magazine que vous tenez en mains le confirme. Aussi : bonne lecture !

Philippe Van Dooren
Rédacteur en chef

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