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TRANSPORT Management 128 (avril 2025)

Une mauvaise mesure pour de bonnes raisons

Les ventes de camions électriques n’ont pas progressé suffisamment vite en 2024. Les causes en sont multiples : la production est tout de même assez complexe à mettre en marche (chez deux autres constructeurs au moins) mais c’est surtout la demande qui ne progresse pas au rythme voulu.

Dans une période économiquement difficile, et à part quelques véhicules avec lesquels un transporteur peut emmagasiner de l’expérience, c’est en effet un sacré pari que d’acheter aujourd’hui davantage de camions électriques que de camions diesel. Personnellement, je n’en connais qu’un (VPD). Et même si le rythme de la production devrait s’accélérer chez tous les constructeurs, c’est la demande qui déterminera à quel rythme les nouveaux camions seront électriques… ou pas.

Tabler sur une autre réalité relève au mieux du voeu pieux et au pire d’une négation complète des principes de l’économie de marché.

Or, les constructeurs sont coincés par les objectifs qui leur ont été imposés par la Commission. S’ils ne les atteignent pas en 2030, ils devront payer des amendes plutôt salées. Alors, pour le moment, tout le monde se retranche derrière l’argument (partiellement valable) du manque d’infrastructures de recharge (semi-)publiques. Cet argument ne tiendra plus longtemps. Rapidement, les opérateurs de points de recharge devront rendre des comptes à leurs actionnaires quant à la rentabilité moyenne de chaque borne, qui doit être pour l’instant fort basse.

D’où l’idée de mettre la pression sur les flottes. L’idée a déjà été rejetée en 2024 mais voilà qu’elle refait surface : imposer aux flottes d’une certaine taille des objectifs d’achat ‘zéro émissions’ contraignants. La brillante idée… sur papier mais à la fois inapplicable et injuste. Quels que soient les seuils de taille de flotte, il se trouvera toujours des entreprises pour les contourner et au moment où l’Europe vise la simplification administrative, c’est contre-intuitif au possible.

La solution vient peut-être de Belgique, dont le régime des voitures de société est maintenant montré en exemple dans toute l’Europe. Mais des objectifs d’achat obligatoire, non merci !

Claude Yvens,
Rédacteur en Chef.

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