Viser l’indépendance
On n’a jamais autant parlé d’indépendance énergétique que depuis le début du mois de mars 2026. A tel point qu’un gouvernement fédéral, fort marqué à droite, se lance dans projet qui ressemble à s’y méprendre à une nationalisation d’un parc vieillissant de centrales nucléaires. C’est dire si l’heure est aux remises en questions profondes.
Au niveau des flottes de véhicules utilitaires, c’est la question de la dépendance aux énergies fossiles qui s’impose désormais. Les quelques mois qui avaient précédé le début de la guerre au Moyen-Orient avaient envoyé un mauvais signal : depuis un dernier pic le 2 octobre 2023, les prix du carburant avaient baissé puis s’étaient stabilisés. Ce qui se passe au détroit d’Ormuz est certes regrettable (surtout quand on en imagine les raisons) mais c’est un rappel à l’ordre et à la raison : nous dépendons trop du pétrole.
Il y a quelques années, seuls les écologistes l’affirmaient pour des raisons environnementales mais aujourd’hui, il faut se rendre à l’évidence : tout concourt à ce que l’essence et le diesel restent chers. A cause des incertitudes géopolitiques pour le moment mais aussi à cause des nouvelles taxes qui vont frapper les carburants fossiles : ETS2 en 2028, augmentation de la part renouvelable dans le carburant vendu à la pompe (directive RED III), réforme globale de la fiscalité énergétique (Energy Taxation Directive)… autant dire qu’on n’est pas prêt de revoir le diesel à 1,2 euro à la pompe.
Cela modifie fondamentalement les calculs de TCO pour les gestionnaires de flotte. Inexorablement, les camionnettes et camions électriques vont prendre le dessus sur leurs équivalents thermiques. Le problème (et il n’est pas que belge, flamand ou wallon), c’est que les conditions nécessaires au développement de l’électrification ne s’améliorent pas assez vite. Eh oui, l’indépendance, cela se prépare…
Claude Yvens,
Hoofdredacteur.



