Comment raison garder ?
Il est né le 9 juin 1934, c’est l’archétype du ‘toon’ et sa première apparition a eu lieu dans la série ‘Silly Symphonies’ (Symphonies Idiotes, sic). Colérique, acariâtre, Donald Duck a pourtant réussi à devenir un personnage populaire. Pas sûr que Donald T., tout aussi colérique et caricatural mais un peu plus jeune, entre un jour à la postérité avec la même cote de sympathie car si le canard le plus célèbre de Disney est le miroir déformé de nos petits défauts, il n’a pas en lui un gramme de malveillance. On n’en dira pas tant du nouveau PotUS qui a réussi en 100 jours à renverser l’échiquier mondial à coups de (mauvais) buzz.
L’Europe en sortira peut-être plus forte mais cela prendra du temps. En attendant, c’est un nouveau frein à la reprise économique qui retarde d’autant la sortie du tunnel pour les entreprises, les transporteurs et tous ceux qui leurs fournissent des moyens de transport.
Les économistes sont divisés. On voudrait se rassurer en écoutant ceux qui président l’échec de la politique de Trump mais on ne peut pas s’empêcher d’écouter la petite musique de ceux qui n’excluent pas le génie d’une tactique comparable à celle d’un joueur d’échec qui aurait toujours trois coups d’avance sur l’adversaire.
En attendant ce sur quoi nous n’avons de toute façon aucune prise, on se contente de peu : des résultats économiques un petit peu meilleurs que prévu au premier trimestre, des chiffres de trafic corrects dans nos ports et nos aéroports, un indice de confiance des chefs d’entreprise qui se maintient…
Quoi qu’il en soit, le prochain choc est déjà là qui nous attend au coin de la rue. Il ne sert à rien de faire comme s’il ne surviendra pas. C’est juste une question de timing et de violence. Et je suis donc de tout coeur avec tous ces entrepreneurs qui doivent en même temps renforcer leur capacité de résilience et poursuivre (ou entamer) leur chemin vers la décarbonation. Parce que Donald ou pas Donald, il n’y aura pas de planète B.
Claude Yvens,
Rédacteur en chef.


