Truck & Business 262 (juin 2017)

Violeta Bulc a l’avenir de l’Europe dans les mains

Sans vouloir conférer à la Commissaire Européenne au Transport une influence qu’elle n’a pas, je dois avouer que j’attends la date du 31 mai prochain avec impatience… et pas mal d’inquiétude. Le 31 mai, Violeta Bulc présentera le résultat de mois de consultations et de travaux sous la forme d’une ‘Initiative Routière’, un paquet de mesures qui toucheront à tous les piliers législatifs du transport routier en Europe (accès à la profession, temps de conduite et de repos, cabotage…). Il faut tout d’abord se réjouir de voir certaines règles clarifiées. Trop de règles actuelles ressemblent à un toit qui fuit, et l’incertitude n’est jamais bonne pour les entreprises. Le risque de se faire prendre avec la main dans le pot de confiture alors qu’on était certain de ne pas être en infraction a de quoi effrayer les véritables entrepreneurs. Mais dans quelle direction Bulc fera-t-elle évoluer les règles (pour autant qu’elle soit suivie par le Parlement…). Jusqu’à présent, les bruits de couloir (voir l’article consacré au repos en cabine dans ce numéro) et les manifestations syndicales semblent indiquer que l’Europe va plutôt assouplir les conditions d’emploi des chauffeurs routiers qu’interdire purement et simplement le repos long en cabine. Le raisonnement serait alors le suivant : moins de contraintes = moins de difficulté à les contrôler = moins de problèmes. Ce faisant, la Commissaire risque de creuser un peu plus la fracture qui existe aujourd’hui entre les pays fondateurs de l’Union européenne et les membres récents. Plus aucun pays d’Europe de l’Ouest n’est prêt à accepter de voir son marché national pillé par une concurrence déloyale. Le message qu’ils ont envoyé à la commission en lançant l’Alliance Routière en février dernier est clair. Si les mesures proposées par Violeta Bulc ne permettent pas de créer un paysage concurrentiel équilibré (au moment où, justement, le travail de la Commissaire Marianne Thyssen vise à créer un embryon d’Europe sociale…), certains états-membres n’auront d’autre choix que de créer de nouvelles barrières administratives pour protéger leurs entreprises et leurs emplois. Quel anti-laboratoire pour l’Europe… Le transport, qui a symbolisé l’ouverture des frontières et des échanges, deviendrait donc le miroir grossissant d’une idée déchue. Une idée qui, ne l’oublions jamais, a permis à l’Europe de vivre plus de 70 ans sans guerre… Claude Yvens, Rédacteur en chef.

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