Resserrer les boulons de la compétence professionnelle
Le nombre des faillites explose cette année dans le transport routier. La faute à la conjoncture ? Pas seulement ! Il y a trop d’entreprises de transport dans notre pays et il est urgent de revoir les conditions d’accès à la profession. Des quatre conditions nécessaires à l’établissement d’une société de transport, deux au moins ne sont plus assez sévères. Prenons la capacité financière. Les montants à déposer en caution pour le premier véhicule et chacun des suivants (9000 et 5000 euros respectivement) n’ont pas été recalculés depuis 2009. Rien que l’inflation depuis cette période a atteint 50 %.
« Le système des mandataires externes doit être revu ».
En ce qui concerne la capacité professionnelle, il est heureux de voir que l’ITLB travaille à une sérieuse mise à jours de ses cours pour mieux ‘coller’ à la réalité de 2025.
Mais il reste trop de titulaires de cette fameuse compétence professionnelle qui en font bénéficier une ou plusieurs sociétés au titre de mandataire extérieur. Quand ces sociétés tombent en faillite, il s’en trouve toujours bien une autre (et c’est parfois la même sous un autre nom) pour faire appel à leurs ‘services’, contre rémunération bien entendu. C’est un système qui donne l’impression (que j’ai eue, avant de vérifier mes sources auprès de Michael Reul, le directeur de l’UPTR) que l’on rachète l’autorisation de transport d’une société en faillite.
Mais la réalité est à peine moins nébuleuse et le résultat est le même : des sociétés-météores qui arrivent à signer un contrat de leasing, cassent les prix et tiennent le coup deux ou trois ans avant de déposer le bilan. Il suffit de regarder le numéro d’entreprise des transporteurs tombés en faillite ces dernières semaines : le plus souvent, leur numéro d’entreprise commence par un 6 ou un 7…
Claude Yvens,
Rédacteur en chef.


