Groupe Berto : Un business model atypique

Lorsque Groupe Berto a annoncé la reprise de Vincent Logistics, la nouvelle a fait grand bruit. Davantage pour la forte réputation de la société reprise que pour celle du repreneur français qui, en Belgique, était relativement peu connu. Il est donc temps de faire connaissance avec Groupe Berto et son business modèle.

Groupe Berto se définit non pas comme un transporteur mais comme un prestataire de services. Sur son site internet, le mot ‘transport’ n’apparaît d’ailleurs pratiquement pas, au contraire de termes comme ‘distribution’, logistique’ et ‘location’.

Location ou transport dédié ?

Transportmedia : Qu’entendez-vous par ‘prestataire de services’ ?

Emmanuel de Maistre (secrétaire général du Groupe Berto) : Nous créons des solutions optimisées de distribution, de collecte et de logistique plus respectueuses de l’environnement. Il s’agit principalement de mise à disposition de véhicules et de conducteurs dédiés pour un client. En France, c’est surtout une activité locale et régionale pour des grossistes en matériaux de construction, mais aussi dans le secteur alimentaire, le verre ou la blanchisserie industrielle.

TM : Cela vous arrive-t-il de reprendre les activités de sociétés qui effectuaient ce type de prestations pour compte propre ?

de Maistre : Oui. C’est ce que nous appelons l’externalisation. Notre bureau d’études analyse les flux et redéfinit les moyens nécessaires pour assumer ces flux de la manière la plus rentable et la plus écologique qui soit. Nous reprenons alors la flotte et le personnel et nous suivons chaque transport via nos systèmes de télématique embarquée. Nous avons aussi créé Diagflash, qui est un outil convivial dans lequel un nouveau client peut entrer son profil et quelques données de base qui nous aident à lui proposer des solutions d’optimisation pour améliorer ses coûts de distribution.

TM : Reprend-on une entreprise comme Vincent Logistics en 2022 comme on le faisait dans les années ’90 ?

de Maistre : Il y a bien sûr toujours des sociétés à reprendre parce qu’elles ne sont pas en forme, mais aujourd’hui nous recherchons surtout un projet commun, avec des objectifs identiques pour les deux parties. Chez Vincent Logistics, il y a un énorme savoir-faire et nous sommes donc dans un contexte où nous allons garder les compétences.

ADN commun

TM : Ce sont vos vrais débuts à l’international ?

de Maistre : En 2018, on avait déjà repris une entreprise en Pologne et nous avons aussi une activité liée au transfert modal sous le nom de Combipass avec des bureaux à Anvers, Cologne et Saragosse. Combipass loue du matériel ferroviaire pour le transport de produits pulvérulents et minéraux. A côté de cela, nous avons une véritable volonté de croissance internationale, notamment pour ne pas dépendre d’un seul pays. Dans ce contexte, le Benelux était un choix délibéré et Vincent Logistics un partenaire idéal puisque l’entreprise possède des implantations dans les trois pays du Benelux.

TM : Qu’est-ce qui vous a plu dans cette entreprise ?

de Maistre : Il y a une excellente complémentarité au niveau des activités et un ADN familial très proche du nôtre. En outre, Vincent Logistics nous apporte un grand savoir-faire dans le domaine du transport dédié.

TM : Et que retirez-vous des premières semaines de travail en commun ?

de Maistre : Il n’y a que des passionnés ici, tout le monde a l’amour du maillot comme on dit dans le sport. C’est aussi très enrichissant pour moi de voir le côté multiculturel et multilingue de l’entreprise, et je suis particulièrement impressionné par la rigueur de la gestion et par l’état général du matériel. A ce niveau, c’est une référence.

TM : Qu’est-ce que Groupe Berto apporte déjà à Vincent Logistics ?

Maxim Vincent : Cela renforce notre présence commerciale en France car cela nous permet d’entrer chez certains gros donneurs d’ordres plus facilement. En plus, le savoir-faire de Groupe Berto va nous être très utile pour relancer une activité intermodale vers laquelle nous voulons nous réorienter.

TM : Vous parlez beaucoup d’écologie, mais que faites-vous déjà dans ce domaine ?

de Maistre : Il y a tout d’abord un gros travail d’optimisation des tournées réalisé par notre bureau d’études. Sur le plan des véhicules, nous avons commandé un véhicule sur quatre en 2021 avec un carburant ou une propulsion alternative. Je parle ici de B100 (un biocarburant typiquement français, NDLR), de véhicules au CNG qui roulent pour Saint-Gobain et de porteurs et plateaux-grues électriques. Vincent Logistics nous apporte un gros savoir-faire en matière d’exploitation et d’analyse des coûts pour les camions LNG. La prochaine étape, ce sera l’hydrogène, et nous sommes en train de nouer des contacts dans le secteur.

TM : Avez-vous déjà identifié de nouveaux projets à mener en Belgique ?

de Maistre : Nous sommes toujours en phase de découverte mutuelle. A chaque fois que nous nous voyons, nous découvrons avec Maxim et Julian Vincent de nouvelles opportunités de croissance. Si nous combinons bien tous nos atouts, il y aura des projets à mener ici !

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