VPD veut rouler en mode ‘zéro émission’ : Le plus tôt sera le mieux

Un titre de Transporteur de l’Année récompense souvent le chemin parcouru en direction de l’excellence. De plus en plus, une vision d’avenir est aussi nécessaire pour remporter le titre. Chez VPD, les deux critères sont parfaitement réunis.

Si VPD Transport & Logistics l’a emporté de haute lutte par rapport à des candidats eux aussi très séduisants, c’est que l’entreprise basée à Zellik peut d’abord se targuer d’un parcours sans faute. Quand VPD a remporté le Truck Safety Award en 2018, elle employait environ 80 personnes et réalisait un chiffre d’affaires de 9 millions d’euros. Sa structure n’était pas encore aussi développée qu’aujourd’hui, mais la vision de la direction était déjà claire : développer un service de livraison de haute qualité et s’appuyer sur un personnel compétent, des méthodes claires et beaucoup de data pour repousser ses limites. Quatre ans plus tard, VPD emploie 184 personnes, son chiffre d’affaires dépasse les 25 millions d’euros et le vainqueur du Truck Safety Award 2018 s’est transformé en Transporteur de l’Année 2022. Un des facteurs qui a rendu cette réussite possible est le mélange entre plusieurs types d’expertise, avec entre autres l’arrivée de Steven De Bruyn, un ancien directeur opérationnel chez IKEA devenu CEO de VPD en janvier 2020.

Les exigences du retail

Transportmedia :  Comment êtes-vous arrivé chez VPD ?

Steven De Bruyn : J’ai travaillé pendant 15 ans chez IKEA et VPD était un des partenaires d’IKEA. Mon expérience professionnelle fait que j’ai parfois un regard différent sur les choses parce que je comprends bien ce que les clients attendent de leurs logisticiens. Quand je suis arrivé, VPD se rapprochait d’Arid, qui avait une approche B2C de la livraison alors que VPD travaillait plus avec des camions. Il y a eu un renforcement mutuel, de sorte que la direction s’est renforcée. De trois personnes, la direction est passée à 8 personnes. Cela qui permet d’autres réflexions… Puis il y a eu la période Covid qui nous a donné un sérieux boost… mais qui a aussi amené d’autres exigences de la part des clients. De notre côté, nous basons tout sur quatre piliers : la qualité (que nous mesurons entre autres via le net Promotor Score), la durabilité, la flexibilité et l’innovation.

TM : IKEA, par exemple, parle ouvertement de la nécessité d’une vision partagée avec ses transporteurs. C’est aussi votre avis ?

De Bruyn : Absolument. Sans une vision partagée, cela reste basique. Nous voulons aller plus loin que transporter ‘simplement’ une boîte d’un point A à un point B. En matière de qualité, quand nous allons installer un appareil électro-ménager, nous livrons plus qu’une série de boîtes. Derrière chaque client, il y a une attente particulière et sa cuisine, c’est l’endroit où il vit avec sa famille, ses amis… C’est cette attente-là que nous devons satisfaire.

T&B : Le même raisonnement tient-il en matière de durabilité ?

De Bruyn : Oui. Plusieurs de nos clients mettent cela à leur agenda et entrent en dialogue avec nous. C’est une bonne chose pour VPD car cela nous pousse à l’excellence.

TM : Et à déclarer que vous n’achèterez plus jamais de véhicules thermiques dès cette année ?

De Bruyn : Cette réflexion sur la décarbonation a débuté il y a trois ans. Nous savions que l’horizon était à zéro émission, mais il fallait d’abord nous préparer à la propulsion électrique. Cela a des implications en interne, mais aussi chez notre client qui doit adapter ses processus parce que l’autonomie est différente, la charge utile est différente… Ce n’est pas qu’une question de financement. Ce qui est chouette c’est de voir que les retailers sont maintenant prêts à entamer ce trajet avec nous.

Nous devions aussi travailler en amont. Toutes nos activités partaient de Zellik. Même si l’autonomie des véhicules électriques évoluera, il est impensable d’aller livrer une frigo de Bruxelles à Ostende en véhicule électrique. Nous avons d’abord cartographié nos livraisons et sur cette base, nous avons installé huit hubs. Il y a encore de la place pour quelques plus petits hubs, mais la phase 1 de ce plan est achevée et rien que cela a déjà fait baisser le kilométrage ‘last mile’ de 35 %. C’est à ce moment là que nous avons commencé à utiliser des camionnettes électriques. Avec 200 km d’autonomie, nous avons de quoi travailler en ville de manière rentable. Le point d’attention reste la charge utile parce qu’il n’est pas encore possible, en Belgique, de rouler en permis B avec des utilitaires électriques de 4,25 tonnes. La Flandre et la Wallonie s’en préoccupent et j’espère que le gouvernement fédéral prendra rapidement une décision.

Vers le ‘tout électrique’

TM : Et quand entrez-vous en contact avec Volta pour acheter non pas des camionnettes, mais bien des camions électriques ?

De Bruyn : C’est Dirk Van Peteghem qui a repéré ce nouveau constructeur, et le but est de réaliser les premiers tests en Belgique à la fin de cette année. Mais nous voulions aller plus loin que le véhicule. Comment produire, stocker et utiliser notre propre énergie ? Notre partenaire WDP a immédiatement réagi avec enthousiasme et c’est via eux que nous sommes entrés en contact avec John Cockerill qui va nous fournir une solution basée sur des panneaux solaires, de grosses batteries de stockage et des bornes de recharge à haut débit. Nous avons visité leur installation-pilote à Seraing et cela nous a convaincus.

TM : Où allez-vous installer ce système ?

De Bruyn : Nous allons débuter à Zellik où les panneaux solaires seront installés cette année, puis nous ferons installer les batteries et les bornes, qui devront être opérationnelles au moment où les premiers camions Volta seront disponibles.

Pour les autres hubs, cela dépendra de la bonne volonté des partenaires chez qui nous louons des surfaces, mais il y a aussi des contraintes techniques liées au toit par exemple. Mais le suis certain que l’exemple de Zellik convaincra d’autres partenaires.

TM : Tout cela représente tout de même un certain risque…

De Bruyn : Le plus gros risque serait de ne rien faire ! Je suis certain que les autorités vont réagir un jour, que les villes seront un jour interdites aux véhicules thermiques, mais si nous attendons que le monde politique mette tout en place, ce sera trop tard pour commencer. L’avantage que nous aurons, c’est que nous ne serons pas confrontés à une législation et que nous aurons déjà emmagasiné de l’expérience, non seulement avec les véhicules électriques, mais avec une autre manière de planifier les tournées.

Et puis nous sommes aussi nombreux, chez VPD, à partager la conviction qu’il faut le faire parce qu’il n’y a pas de plan B et parce qu’il n’y a pas d’autre planète.

Prendre du recul

TM : Tous les transporteurs ne sont pas aussi avancés dans leur réflexion sur la durabilité. Quel conseil pourriez-vous leur donner ?

De Bruyn : Commencez petit. Tout est utile. Ensuite, rouler sans émissions commence non pas au niveau du véhicule mais bien du planning et de l’analyse des data. C’est une question d’outils, mais aussi de personnes. Prenez un peu de recul, regardez-vous sous le prisme de la durabilité, documentez-vous, faites-vous accompagner et… osez.

TM : Pour VPD, cette évolution sera peut-être plus facile parce que vous pouvez maintenant vous appuyer sur un groupe puissant comme Star Services…

De Bruyn : On aurait pu le faire tout seul, mais avec l’appui de Star Service, nous pourrons aller plus vite. Or, les cinq prochaines années vont être marquées par une forte accélération des changements dans notre secteur.

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